BURKINA FASO : Le gouvernement est en train d'authentifier la bande sonore Bassolé/Soro

C'est un enregistrement téléphonique qui fait couler beaucoup d'encre. A plusieurs reprises, les avocats et proches parents de Djibrill Bassolé et Guillaume Soro, ont nié et crié à la manipulation. Le camp de Laurent Gbagbo est, fortement, suspecté de vouloir couler (c'est le mot juste) Guillaume Soro dont les ambitions présidentielles, en Côte d'Ivoire, sont connues. Selon cette façon de voir le problème, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, serait, simplement, mal tombé car, si les Gbagboïstes cherchent Soro, ils auraient fabriqué une conversation téléphonique entre lui et n'importe quel autre officiel sous Blaise Compaoré, sans que cela soit forcément Bassolé. Une telle hypothèse ferait de cet enregistrement, une affaire ivoiro-ivoirienne.

Tout compte fait, le pouvoir de transition de Michel Kafando semble respecter la procédure, en évitant de commettre des fautes qui pourraient lui être préjudiciables, après avoir rendu son tablier, dans quelques semaines. Autrement dit, avant de mettre Djibrill Bassolé en prison, il faut penser que le gouvernement a eu un ensemble d'éléments compromettants (en dehors de cette seule bande) pour le considérer comme putschiste, au même titre que Gilbert Diendéré. On attend donc le début du procès pour en savoir plus.

A la question de savoir ce que le gouvernement pense des écoutes téléphoniques, qui circulent sur la toile, en ce moment, Alain Jean-Claude Zagré, ministre délégué à la Sécurité nommé le 15 octobre dernier, a dit, hier, pendant une conférence de presse, avoir entendu parler de cette bande sonore sans avoir eu à l'écouter. Mais se rendant compte qu'il jouait sur les mots, il a confirmé : « J’ai écouté la bande sonore originale, mais je ne sais pas si ce qui circule (sur la toile, ndlr) est la bonne ». Et d'ajouter : « Même si j'ai écouté une bande (sonore originale, ndlr), on est en train de l'authentifier », ce qui explique, sans doute, le silence, actuel, du gouvernement.

Quant à la perquisition du domicile de Guillaume Soro, à Ouaga 2000, Alain Jean-Claude Zagré a déclaré : « Cette maison appartient à l’Etat burkinabè. C’est une maison qui lui (Soro) a été prêtée (par le pouvoir de Blaise Compaoré), il en a fait usage pendant longtemps, ça donne l’impression que ça lui appartient, mais jusqu’à preuve du contraire, elle appartient à l’Etat ». Mais là, aussi, le ministre délégué a zappé la question qui lui était posée, et qui était celle de savoir si en perquisitionnant la résidence de Soro ou de l'Etat mais occupée par le président de l'Assemblée de Côte d'Ivoire, les enquêteurs ont trouvé une forte somme d'argent (6 milliards de F CFA d'après certaines sources) et plusieurs autres objets de valeur comme des pierres précieuses ? Malheureusement, le ministre n'en a pas dit plus, se réfugiant derrière le secret de l'instruction.

Les conseils de Soro et Bassolé donnent de la voix, parfois, en allant jusqu'à adresser des ultimatum au pouvoir de transition, qui, pour sa part, reste stoïque, comme devrait être tout pouvoir de pays des hommes intègres.

Cela dit, cette affaire pourrait se terminer comme une tempête dans un verre d'eau. Son dégel pourrait avoir lieu, après l'installation du pouvoir issu des urnes. La transition n'ayant pas connu un échec, comme semblait indiquer cette bande sonore, il y a de fortes chances que ce dossier trouve une issue politique, avec le nouveau président du Faso.

Commentaires

congolais en colère (non vérifié)
soro doit être poursuivi...
congolais en colère (non vérifié)
soro doit être poursuivi...

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