BURKINA FASO : Le président Alassane Ouattara de retour dans la mère patrie pour un Sommet bilatéral

Les Gbagboïstes pourraient, légitiment, dire en voyant ce spectacle surréaliste : deux chefs d'Etat Burkinabé se retrouvent, à Ouagadougou, pour tenir un Sommet et signer un traité bilatéral. Ce serait à la fois juste et faux. Juste parce qu'au départ, Alassane Ouattara est né burkinabé, a étudié l'économie aux Etats-Unis en tant que boursier burkinabé, s'est marié à une Jamaïcaine étant burkinabé et a travaillé dans des institutions ouest-africaines comme burkinabé, avant de débarquer en Côte d'Ivoire, dans les années 90, à la demande du président, Félix Houphouët Boigny. Mais, la Côte d'Ivoire a, tellement, été bien accueillante qu'elle lui a ouvert, finalement, les voies du palais présidentiel, en lui donnant, femme et pouvoir. Ce qui est sans précédent dans l'histoire des relations internationales modernes.

Cela dit, c'est, aussi, faux de dire que le président, Alassane Ouattara, n'est pas ivoirien. Ses papiers d'identité ne le différencient pas d'un Ivoirien authentique. En plus, Houphouët, de son vivant, avait tôt fait d'ouvrir son pays, dès les années 70, à l'intelligence africaine : il accueillait tous les Africains bardés d'un savoir qui pouvait profiter à ses compatriotes. Et en faisaient des Ivoiriens pour ceux qui le désiraient. Ces Ivoiriens sont-ils plus valables que ceux qui s'affichent de père et de mère nés ivoiriens ? Ce n'est pas sûr. Disons quelque chose qui fâche : la Côte d'Ivoire se développe bien mieux, aujourd'hui, que sous Laurent Gbagbo. Donc, c'est un faux débat à l'heure de la mondialisation bien que ce postulat ne profite qu'aux puissants, pour le moment.

A Ouagadougou, le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, ont décidé d'oeuvrer, ensemble, dans le domaine de la sécurité et de la défense commune, par ces temps de terrorisme international qui frappe le Sahel de plein fouet. Une vingtaine de dossiers de coopération vont être signés dont ceux ayant trait au chemin de fer et à l'autoroute reliant les deux pays.

Mais, les dossiers les plus chauds restent politiques. Après avoir dirigé comme on sait le Burkina Faso, Blaise Compaoré a été chassé par ses compatriotes avant de se réfugier chez Alassane Ouattara, qui lui a, immédiatement, octroyé la nationalité ivoirienne, une nationalité qui le protège des demandes d'extradition de la justice burkinabé qui veut le juger pour ses multiples crimes et forfaits commis pendant sa présidence. Ce dossier empoisonne les relations entre les deux présidents, même si devant les caméras (notre photo), ils font mine de s'entendre et de s'apprécier. Ouattara est considéré comme le protecteur de Compaoré alors que les Burkinabé ne cessent de presser leur président Roch de tout faire pour le ramener à Ouagadougou afin qu'il comparaisse devant la justice.

Quand on a un tel dossier qui oppose deux pays et deux chefs d'Etat, comment peut-on affirmer que ces deux Etats s'entendent (à merveille) politiquement, économiquement, socialement, et qu'ils élaborent (même) une politique crédible dans le domaine de la lutte contre le terrorisme ?

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