BURKINA FASO : Un code de bonne conduite proposé aux candidats à la présidentielle

Une quarantaine d'intellectuels, professeurs, notables et membres de la société civile du Burkina Faso, ont demandé, lundi, 9 novembre, à la population et aux candidats, de ne pas utiliser le ressort ethnique ou religieux, lors de la campagne des élections présidentielle et législatives du 29 novembre.

Dans cet "appel à la retenue dans le discours politique", les signataires "condamnent, fermement, l’utilisation de l’appartenance religieuse et ethnique comme moyen de conquête du pouvoir".

Ils appellent "tous les partis politiques et tous les candidats à s’engager officiellement à bannir de leurs discours la référence aux identités, à l’origine ethnique ou religieuse avant, pendant et après les élections".

"Nous appelons les autorités religieuses et coutumières ainsi que les leaders d’opinion à rappeler à la raison républicaine les hommes politiques tentés par le discours identitaire et à dénoncer de telles dérives comme de graves menaces à la cohésion nationale", affirment les signataires parmi lesquels, Cheriff Sy, président du parlement de transition, et Guy Hervé Kam, le leader du Balai citoyen, mouvement très actif lors de l'insurrection d'octobre, qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir.

Ils demandent, aussi, que les "autorités judiciaires et administratives compétentes" sanctionnent "avec la plus grande fermeté tout propos politique déviant qui prendrait appui sur le fait ethnique ou religieux".

Parmi les autres signataires figurent plusieurs directeurs de médias, des chercheurs ou des artistes célèbres comme Smockey.

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Ablassé Ouedraogo, par qui le scandale est arrivé, avait affirmé, dans une interview, en juin dernier : "J’ai trois atouts principaux. Je suis Moagha (ethnie majoritaire au Burkina, synonyme de Mossi) du plateau central, et les Mossis sont une forte composante du Burkina Faso. Je suis aussi musulman, ce qui n’est pas rien dans un pays où 70% des gens le sont également. Enfin, comme je vous l’ai dit, j’ai un vaste réseau de relations utiles dans le cadre de la diplomatie de développement que nous souhaitons mettre en place".

Ces élections présidentielle et législatives doivent clore la "transition" démocratique ouverte après la chute de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Avec AFP

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