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BURUNDI : Au secours, les Blancs fuient ! Le génocide arrive. Nkurunziza toujours en place.

La Belgique vient de "conseiller" à ses ressortissants dont la présence n'est pas essentielle, au Burundi, de quitter le pays, "tant que les conditions normales le permettent", a indiqué, ce vendredi, 13 novembre, le ministère des Affaires étrangères.

"Depuis le mois d'octobre, le climat de violences s'est encore aggravé. Des propos hostiles à la Belgique et des menaces à l'encontre des ressortissants belges ont également été diffusés", explique "l'avis de voyage" dédié au Burundi sur le site du ministère, modifié vendredi.

"Tous les voyages au Burundi sont dès lors déconseillés », énonce le ministère. Environ, 500 Belges sont, actuellement, présents au Burundi.

Alors que le CNDD-FDD, parti au pouvoir, est fortement divisé (une bonne moitié du CNDD/FDD avait refusé le 3e mandat de Nkurunziza), le président de l'Assemblée nationale (un des chefs de la tendance dure du régime), Pascal Nyabenda, s'en est pris, violemment, mercredi, 11 novembre, à la Belgique, ancienne puissance coloniale, l'accusant de distribuer des armes à l'opposition pour favoriser un putsch militaire.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a, immédiatement, démenti ces allégations, les qualifiant "d'absurdes". "Nous appelons au calme et au dialogue", a, plutôt, déclaré le chef de la diplomatie belge, cité par l'agence Belga.

Présidente des femmes du CNDD/FDD, Geneviève Kanyange, pour sa part, a dû partir, en exil, comme plusieurs hauts cadres du parti, juste pour avoir la vie sauve parce qu'elle ne soutenait pas Nkurunziza dans sa folie du 3e mandat. De son lieu d'exil, elle vient de déclarer : « Nous ne voulons plus que notre pays trempe encore une fois dans des massacres ethniques ».

Autre signe qui montre l'accroissement de la tension, l’Union Européenne (UE) vient d'annoncer, ce vendredi, 13 novembre, sa volonté d’évacuer les familles et son personnel non essentiels au fonctionnement de sa délégation sur place. Cette décision a été prise « sur la base d’une nouvelle évaluation des risques », avance-t-on, prudemment, du côté de Bruxelles.

« La situation devient très dangereuse à Bujumbura où Pierre Nkurunziza s'est accaparé du pouvoir, par le canal d'un 3e mandat usurpé, ce qui crée des troubles. Pour que la paix et la stabilité reviennent, le pays doit revenir à une situation d'avant élections, c'est-à-dire, que Nkurunziza doit restituer le pouvoir et permettre que le pays aille à de nouvelles élections. Sinon, le Burundi irait droit au génocide car les opposants ne sont pas prêts à le laisser gérer le pouvoir sans rien faire. C'est à lui de comprendre qu'il a perdu son pari. Pour le moment, il fait mine de ne vouloir rien savoir, mais combien de temps tiendra-t-il dans cette position, avec tous ces morts  », analyse un diplomate sur le départ, qui requiert l'anonymat ?

Pour l'heure, le bilan frôle les 300 morts (recensés) depuis l'annonce controversée du président, en avril, de briguer un 3e mandat. Quant aux Burundais partis en exil, ils avoisineraient les300.000 dont beaucoup se trouvent au Rwanda.

L’UE a invité le Burundi à des consultations sur les atteintes aux droits de l’homme et aux principes démocratiques, un processus prévu dans les Accords de Cotonou qui, s’il échoue, peut conduire les Européens à suspendre l’aide au développement versée à ce pays.  D'ici fin novembre, on connaîtra la position de Bruxelles suite aux éléments de réponse qu'apportera Pierre Nkurunziza.

La Cour pénale internationale, (CPI), de son côté, a, aussi, mis le pouvoir en garde contre des violences qui sont passibles d'inculpation. Pierre Nkurunziza sait donc à quoi s'en tenir.

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