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BURUNDI : Cinq nouveaux morts à Bujumbura hier et aujourd'hui

"Hier vers 19H30 (17H30 GMT), des criminels ont lancé une grenade dans un bar" à une dizaine de km à l'Est de Bujumbura, "une personne a été tuée sur le champ et sept autres blessées, mais, l'une d'elle a succombé à ses blessures, une fois à l'hôpital", selon Damien Barindambi, administrateur de la commune de Mutimbuzi.

Une autre grenade avait explosé 30 minutes, auparavant, dans un autre bar, à une trentaine de km, à l'Est de Bujumbura, faisant trois blessés parmi le personnel, d'après l'administrateur de la commune de Mugongo Manga, Diomède Ndabahinyuye.

Mutimbuzi et Mugongo Manga se trouvent dans la province de Bujumbura-Rural, qui entoure la capitale et a, déjà, été, plusieurs fois, le théâtre d'affrontements entre forces de l'ordre et membres d'une rébellion en gestation, née de la contestation du troisième mandat du président, Pierre Nkurunziza.

A Bujumbura, les corps de trois jeunes gens tués, par balles, ont été retrouvés, mercredi, 2 décembre, matin, dans le quartier de Mutakura, un des hauts-lieux de la contestation situé dans le Nord de la capitale, selon des témoins.

"Il n'y a pas de sang à l'endroit où on les a retrouvés et les gens pensent qu'ils ont été amenés pendant la nuit", a expliqué un des témoins. Selon lui, un des corps a été identifié comme celui d'"un habitant du quartier (voisin) de Kinama, où il y a eu de nombreux tirs pendant la nuit".

La candidature, fin avril, de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat que ses adversaires jugent contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha, qui avait permis la fin de la guerre civile (1993-2006), a plongé le Burundi dans une grave crise émaillée de violences.

Pierre Nkurunziza pensait que le Burundi avait consommé son coup de force, et qu'une fois la présidentielle passée, le pays retrouverait le calme. Il a eu tout faux. Le Burundi n'arrête pas de compter les morts dus à l'entêtement de son chef de l'Etat. Ce dernier ne contrôlant plus la situation, ce qui explique sa discrétion depuis sa réélection (il n'est plus visible même à Bujumbura), il n'a d'autre choix que d'accepter le dialogue avec l'opposition, dans un lieu autre que le Burundi, et négocier son retrait du pouvoir, ainsi que, l'organisation d'une autre élection présidentielle à laquelle il ne serait plus candidat. C'est la seule solution qui pourrait apporter, à nouveau, le calme au Burundi. La balle est dans le camp de Pierre Nkurunziza dont le dossier commence à intéresser la CPI (Cour pénale internationale).

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