BURUNDI : En attendant la présidentielle de mai, pas de campagne prématurée pour les législatives, dit la CENI

La mère des batailles (présidentielle) devrait avoir lieu en mai prochain, si cette date n'est pas modifiée. Elle devrait se tenir en même temps que les élections législatives et municipales, avec un second tour éventuel le 19 juin. C'est donc la grande mobilisation dans le pays où on a même tendance à ignorer l'existence du coronavirus, qui a provoqué le report du deuxième tour des élections municipales en France. Ainsi que le CHAN, la Coupe d'Afrique des nations pour les joueurs locaux, qui a été repoussé à une date ultérieure.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a invité, mercredi, 18 mars, soir, à Bujumbura, les candidats acceptés pour les prochaines élections législatives burundaises attendues le 20 mai 2020, à "ne pas s'adonner à une campagne prématurée" en contravention avec la loi.

C'est ce qui ressort de la déclaration du président de la CENI, Dr Pierre-Claver Kazihise, en prélude au point de presse tenu en compagnie de six autres commissaires, pour annoncer les résultats de l'analyse des dossiers de candidature aux prochaines élections législatives burundaises.

Au total, 33 candidats (13 partis politiques, 2 coalitions et 18 candidats indépendants) ont déposé entre le 25 février et le 10 mars 2020, leurs dossiers de candidature aux élections législatives burundaises du 20 mai prochain.

Les dossiers de trois partis politiques, à savoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD, le parti au pouvoir), le Congrès national pour la liberté (CNL) et l'Unité pour le progrès national (UPRONA), ont été acceptés dans "toutes" les provinces burundaises, a proclamé le Dr Kazihise.

A ce jour, le Burundi comprend 18 provinces : Bubanza, Bujumbura-Mairie, Bujumbura-rural, Bururi, Cankuzo, Cibitoke, Gitega, Karusi, Kayanza, Kirundo, Makamba, Muramvya, Muyinga, Mwaro, Ngozi, Rumonge, Rutana et Ruyigi.

En outre, les dossiers de deux formations politiques, à savoir, le Front pour la démocratie au Burundi (Sahwanya-FRODEBU) et les Forces nationales de libération (FNL), ont été acceptés dans 17 provinces.

En revanche, les dossiers de candidature des partis Sahwanya-FRODEBU NYAKURI, APDR (Alliance pour la paix, la démocratie et la réconciliation), PADER (Parti pour la démocratie et la réconciliation) et UPD (Union pour la paix et le développement), CDP (Conseil des patriotes), ont été acceptés respectivement dans seulement treize, sept, quatre et trois provinces.

De leur côté, les partis politiques CDP et FPN (Front populaire national), ont vu leurs dossiers acceptés dans 2 provinces chacun.

Toutefois, les dossiers de candidature de deux partis politiques, à savoir, le Mouvement des patriotes humanistes (MPH) et le Parti libérateur du peuple burundais (PALIPE-AGAKIZA) n'ont pas été acceptés à l'issue d'une "analyse approfondie" par la CENI burundaise.

Au niveau des coalitions, les dossiers de candidature de la COPA 2020 (Coalition pour une opposition démocratique participative aux élections de 2020), ont été acceptés dans six provinces alors que ceux de la coalition Kira Burundi ("Guéris, Burund") ont été rejetés.

La CENI burundaise a accepté, également, 18 dossiers de candidatures pour les indépendants.

M. Kazihise a saisi cette occasion pour signaler, également, que le 18 mars 2020, les Commissions électorales provinciales indépendantes(CEPI) ont notifié les résultats de l'analyse des dossiers de candidatures pour les prochaines élections de conseillers communaux prévues le 20 mai 2020.

Les recours auprès de la CENI ont lieu les 19 et 20 mars 2020, puis, suivra l'analyse des recours programmée du 21 au 24 mars 2020. Après quoi aura lieu le 25 mars 2020 la publication de la liste définitive des candidats retenus pour les prochaines élections communales.

Après avoir forcé un troisième mandat de 5 ans auquel il n'avait pas droit, Pierre Nkurunziza, va quitter le pouvoir après la présidentielle de mai 2020 (notre photo). Il aura perdu cinq bonnes années au Burundi à cause de son amour pour le pouvoir, car sa présence à la tête de l'Etat aura entraîné la rupture de la quasi-totalité des coopérations bilatérales et multilatérales avec le Burundi. Pendant cinq ans, il n'aura pratiquement pas effectué de voyage à l'étranger de peur d'être victime d'un coup d'état militaire. En choisissant de quitter le pouvoir, il est conscient du retard qu'il a causé au pays à cause de son entêtement.

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