BURUNDI : L'Union européenne menace de sanctionner Nkurunziza et son 3e mandat de trop

L'Union européenne a indiqué, lundi, 16 novembre, qu'elle envisageait de nouvelles sanctions contre Pierre Nkurunziza, et son pouvoir, fortement, impliqués dans les violences que connaît le Burundi, depuis fin avril, date à laquelle il avait annoncé qu'il briguerait un 3e mandat que n'autorisent ni la constitution, ni les Accords d'Arusha.

Dans un communiqué, l'UE dit "se réserver la possibilité d'adopter de nouvelles mesures restrictives ciblées à l'encontre de ceux dont l'action ou le discours auraient conduit ou conduiraient à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l'Homme, et/ou entraveraient la recherche d'une solution politique".

Le 1er octobre, l'UE avait adopté des sanctions - restriction de circulation et gel des avoirs - visant quatre responsables burundais impliqués dans la répression des manifestations d'opposition à un troisième mandat du président, Pierre Nkurunziza, et dans les violences contre des opposants et la société civile.

Mais malgré les mises en garde de Bruxelles, les violences continuent de plus belle. Les menaces de l'UE sont prises pour du beurre par Nkurunziza et ses sbires. La police et l'armée continuent de tuer, sans peur, sans grande considération pour la vie de tous ceux qui sont contre le 3e mandat de Nkurunziza. Pas plus tard que la nuit dernière, des affrontements entre insurgés et policiers ont fait sept morts dans la nuit de dimanche à lundi, 16 novembre, dans plusieurs quartiers de Bujumbura. Visiblement, Nkurunziza est dépassé par les événements. Mais, à cause de son orgueil, il refuse, toujours, de déposer son tablier.

Près de 300 personnes ont, déjà, été tuées et près de 300.000 ont fui le pays, depuis l'annonce de la candidature du chef de l'Etat à un troisième mandat, prohibé par la constitution et l'Accord d'Arusha, qui a permis la fin de la guerre civile, qui avait fait 300.000 morts, entre 1993 et 2006.

Têtu comme un âne, Nkurunziza avait été réélu, dans un climat de totale terreur, en juillet, et les violences quasi-quotidiennes, attribuées à la police, aux partisans du pouvoir ou à ses adversaires armés, laissent craindre un retour de violences à grande échelle dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi.

La Cour pénale internationale (CPI) l'a déjà mis en garde et a annoncé suivre, toute l'actualité sur les assassinats, au Burundi. Nkurunziza est,donc, averti. Le moment venu, il ne devra pas dire, alors qu'il sera sous le coup d'une inculpation, que la CPI est là, uniquement, pour traquer les dirigeants africains. A lui de sortir de son isolement en négociant comme le lui demande la communauté internationale.

Après l'appel ferme d'un dialogue, à Addis Abeba, rendu public, hier, par Barack Obama, entre le pouvoir et l'opposition du Burundi, l'UE, dans un communiqué, aujourd'hui, vient, également, appeler à la tenue, "le plus tôt possible", à des "consultations", avec les autorités du Burundi, sur les atteintes à la démocratie dans ce pays.

Ces consultations ont pour objectif "de permettre un accord rapide sur des mesures initiales d'apaisement, qui pourraient préparer la voie à un progrès substantiel vers la sortie de crise" , selon le communiqué.

Le 26 octobre, les 28 pays de l'UE avaient donné leur feu vert à l'envoi d'un courrier officiel au président Nkurunziza, au cours d'une réunion des ministres du Développement à Luxembourg.

« L'illuminé  de Bujumbura » (Pierre Nkurunziza ) dispose de 30 jours pour répondre, formellement, à la missive, et les consultations doivent se dérouler dans les 120 jours suivants.

L'UE, qui a évacué du pays une partie de son personnel, la semaine dernière, en raison des violences, est le premier donateur au Burundi. La Belgique, ancienne puissance coloniale et premier donateur bilatéral, a, déjà, suspendu une partie de son aide début octobre.

Face à ces mesures, la réponse de Nkurunziza est restée figée, comme sa posture politique actuelle : « Aucune autre personne n’aimera le Burundi plus que ses propres fils et filles, ainsi que Dieu Tout-puissant qui l’a créé sans consulter personne » (Notre photo montrant Nkurunziza en train de recevoir une bénédiction).

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