​BURUNDI : Nkurunziza ordonne l'arrestation d'un autre journaliste

Le journaliste, Gisa Steve Irakoze, de la radio Buja FM a été arrêté, le 18 août, dans la soirée, par des agents du Service national de renseignement (SNR), dans un bar du quartier Kajaga, à Gatumba, à l'Ouest de la capitale Bujumbura. D'après des témoins, aucun motif ne lui a été signifié, lors de son arrestation. Jeté, comme un sac de manioc, dans un véhicule de type pick-up, le journaliste a passé la nuit dans un cachot du SNR, à Gatumba.

Reporters sans Frontières (RSF) qui a rendu cette arrestation publique donne les précisions suivantes : "Gisa Steve Irakoze, qui est de double nationalité rwandaise et burundaise, a été arrêté brutalement par des agents du SNR, un mois, après la disparition du journaliste, Jean Bigirimana, collaborateur d'Infos Grands Lacs et Iwacu, à qui les autorités reprochaient les allers et retours trop fréquents au Rwanda. Jean Bigirimana est introuvable depuis et l'enquête piétine. Ces arrestations arbitraires et répétées de journalistes, mais surtout, l'impunité avec laquelle agissent les services de renseignement sont inacceptables."

La famille du journaliste a fait part à SOS Médias Burundi de son inquiétude : "Il n'a rien mangé depuis hier. Sa santé est fragile, il est diabétique. Nous avons peur pour sa santé. Il peut lui arriver quelque chose de grave." Gisa Steve Irakoze a été transféré, ce vendredi, 19 août, vers un lieu inconnu. D'après le porte-parole de la police, le journaliste est accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat". Une accusation devenue classique depuis que le petit despote de Bujumbura s'est rendu compte de ce que les Burundais avaient refusé d'avaliser son hold up électoral de juillet 2015. Nkurunziza, après avoir piétiné les Accords d'Arusha et la constitution, dit avoir gagné la présidentielle de juillet 2015. Pourtant, depuis cette date, au lieu de développer le pays comme il s'était promis pendant sa campagne électorale, il rase les murs de son palais et n'ose plus sortir du Burundi, ne serait-ce que pour assister aux sommets de la sous-région. Il a peur d'être l'objet d'un coup d'état militaire. Même dans son palais, il a peur de sa propre ombre.

RSF avait lancé un appel le 11 août dernier à Pierre Nkurunziza (notre photo où il est en train de se faire bénir par un laveur de cerveau) pour qu'il demande des comptes au SNR au sujet de la disparition de Jean Bigirimana. Cet appel est resté lettre morte. Et s'il est resté lettre morte, c'est parce que c'est Nkurunziza, en personne, qui est le véritable commanditaire de la disparition de ce confrère, qui n'a fait que son travail.

Pire que l'Irak et la Syrie, le Burundi est le pays où les trois quarts des journalistes indépendants ont dû fuir pour se réfugier à l'étranger. C'est un véritable sauve qui peut si on veut rester en vie. Qui a dit que Nkurunziza, « pasteur » de son état, tout comme son épouse, était un démocrate ?

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