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BURUNDI : Nkurunziza sous la pression de Barack Obama

Le conseiller principal en communication à la présidence burundaise, le très prolixe, Allain Willy Nyamitwe, s'est autorisé, à dire, jeudi, 26 novembre, que le Burundi en avait marre de la campagne de médisance dirigée par les Etats-Unis avec le concours d'un opposant burundais.

"Le Burundi subit une campagne de médisance depuis plusieurs mois, une campagne dirigée par une personnalité importante dans le cabinet du président Obama, à savoir, l'ambassadrice, Samantha Power. En lisant ses tweets d'une allure propagandiste, on se demande si ce n'est tout simplement pas une opposante au pouvoir de Bujumbura", a-t-il déclaré, au cours d'un point de presse

Et d'ajouter : « Cette ambassadrice est considérée comme partie prenante de la crise burundaise compte tenu des liens étroits qu'elle a avec un des opposants violents comme Mr. Alexis Sinduhije", le président du parti, Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD).

Washington commence à mettre son rouleau compresseur en marche, après avoir vu que Nkurunziza ne savait pas dialoguer, et ne tenait compte que des seuls rapports de force, comme tout bon ancien maquisard, qu'il revendique d'être. En effet, les premières sanctions des Etats-Unis ont frappé deux hauts gradés de la police, ainsi que, deux généraux putschistes de l'armée.

Il s'agit, respectivement, du ministre de la Sécurité publique, Alain Guillaume Bunyoni, et du directeur général-adjoint de la police, Godefroid Bizimana, et pour ce qui est de l'opposition, du général major, Godefroid Niyombare, putschiste du 13 mai dernier, et aujourd'hui, en exil et du lieutenant-général, Sylvestre Ndayirukiye, un autre putschiste incarcéré à la prison centrale de Gitega. De l'avis général, les observateurs pensent qu'il s'agit d'un avertissement sans frais pour le pouvoir de Bujumbura. En cas de non-réaction, Washington aura la main plus lourde.

Pierre Nkurunziza avait menti à Samantha Power, à Bujumbura, le 8 avril 2014, en la regardant droit dans les yeux, qu'il n'allait pas briguer un troisième mandat, et qu'il voulait avoir des moyens suffisants pour organiser des élections dans de bonnes conditions, avant de partir. En tenant ces propos, l'aide de Washington pour organiser les élections burundaises, se chiffrait à 2,5 millions de dollars. Mais ayant entendu le révérend pasteur, Pierre Nkurunziza, lui dire qu'il voulait quitter le pouvoir après avoir tenu un scrutin propre pour son successeur, l'ambassadrice décida, illico presto, de multiplier l'aide électorale de Washington par quatre. De 2,5 millions de dollars, celle-ci passa, immédiatement, à 10 millions de dollars.

Le mensonge de Nkrurunziza ne se limita pas à la seule ambassadrice des Etats-Unis aux Nations-Unis. Un an, plus tard, en mars 2015, la recevant, à nouveau, à Bujumbura, Pierre Nkurunziza continuait à mentir, cette fois, en présence de l'ambassadeur angolais au Conseil de sécurité, de l'ambassadeur de France et du représentant spécial des Nations-Unies (notre photo). Seul un maquisard comme Nkurunziza pouvait se permettre de mentir aussi froidement, sans gêne, devant les représentants de la communauté internationale. Il fallait un certain culot pour le faire. Et Nkurunziza l'a eu.

Mais il s'avère, malheureusement, que son choix d'un troisième mandat conduit le pays vers la catastrophe, avec des morts tués par balle, laissés au bord de la route, presque chaque matin, à Bujumbura.

Le Burundi ne peut plus tenir encore longtemps avec Nkurunziza, à la tête de l'Etat. Sinon, il y aura plus de morts. Plus de destructions de biens dans le pays. Plus de chaos dans la société. Il faut, donc, demander à Nkurunziza de déposer les armes et de quitter le pouvoir pour qu'il y ait de nouvelles élections auxquelles il ne prendra pas part.

Commentaires

congolais en colère (non vérifié)
avec les dictateurs, il faut être très dur...

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