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BURUNDI : Ouverture de la campagne référendaire qui fera de Nkurunziza un président à vie

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a signé, lundi, 23 avril, un décret portant ouverture de la campagne électorale pour le référendum constitutionnel burundais du 17 mai prochain. Quand le Burundi plongera-t-il dans l'abîme car ce n'est qu'une question de temps maintenant ? Avec ce référendum, Pierre Nkurunziza ne fait qu'enfoncer son pays, encore plus, dans une crise qu'il a créée de toutes pièces. En effet, en se représentant, en 2015, pour avoir un troisième mandat qui lui était, formellement, interdit, non seulement, par les Accords d'Arusha, mais aussi, par la constitution, il faisait valoir une lecture bien personnelle de ces Accords et indiquait à qui voulait l'entendre que c'est au terme de son troisième mandat qu'il quittera la présidence de la République. Mais l'appétit venu en mangeant, il a pris goût à la fonction et c'est la constitution qu'il va, maintenant, « déformer » pour rester au pouvoir, au moins, jusqu'en 2034, alors que le pays qu'il préside est, déjà, sur le ban de la communauté internationale. Totalement isolé, Nkurunziza a la phobie du coup d'état. Résultat, il ne sort plus du Burundi depuis trois ans, et ce sera le cas aussi longtemps qu'il restera président du Burundi dans les conditions actuelles. Son maintien forcé à la tête du pays est condamné par les Nations-Unies, l'Union africaine, la Francophonie et les grands partenaires bilatéraux occidentaux. Seules la Chine et la Russie lui trouvent des circonstances atténuantes, au nom de leur politique extérieure qui est fondée sur le principe de la non-ingérence dans les affaires d'un autre Etat.

La campagne électorale durera du 1er au 14 mai, à minuit, selon le décret présidentiel. Elle est "seulement autorisée" pour les partis politiques "régulièrement constitués", ainsi que, pour les indépendants "enregistrés" à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), et, "uniquement" pour ceux qui se sont fait inscrire auprès de cette dernière.

Le Burundi se dotera d'une nouvelle constitution qui remplacera celle en vigueur depuis 2005, et dont l'une des innovations fondamentales, sera l'adhésion du Burundi au calendrier budgétaire en vogue dans les autres pays de la Communauté est-africaine (CEA).

Avec l'adoption de la nouvelle constitution, le président de la République sera élu pour un mandat de sept ans renouvelable, mais, théoriquement, il ne pourra exercer plus de deux mandats consécutifs. On dit bien, théoriquement. Car il y a la possibilité de modification ultérieure de la constitution pour faire sauter ce verrou, ce qui pour l'heure, n'est pas une urgence. Sublime récompense pour continuer à avoir les faveurs de l'armée qui protège la dictature qui prévaut dans le pays : la nouvelle constitution permettra aux hauts cadres de l'armée et de la police d'exercer les fonctions de gouverneur de province. Il faut comprendre les préoccupations du petit despote de Bujumbura (Nkurunziza) : avec la fin de la guerre civile, les gradés de l'armée n'ont plus grand chose à se mettre sous la dent. Les salaires de l'Etat ne suffisant pas, il fallait élargir l'occupation des postes de responsabilité civile aux militaires pour leur faire participer à la grande mangeaille nationale.

Dernière particularité de ce référendum pour lequel Nkurunziza n'entend prendre aucun risque : il est interdit de faire campagne pour le « NON ». Si on ne milite pas pour le OUI, comme Pierre Nkurunziza, on se tait. Ainsi, va la démocratie dans le pays du « très populaire président africain du Burundi » (entendez le despote de Bujumbura).

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