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BURUNDI : Pierre Nkurunziza autorise les perquisitions de nuit sans mandat d'un magistrat

Personne ne sait où s'arrêtera Pierre Nkurunziza qui a fait du Burundi un pays de non-droit, une dictature sans nom. Alors qu'il prépare la tenue, en mai prochain, d'un référendum pour modifier la constitution qui fera de lui un président à vie, il a fait adopter par l'Assemblée nationale, mercredi, 18 avril, un projet de loi qui autorise, notamment, les perquisitions de nuit et sans mandat d'un magistrat. Cette nème provocation est dénoncée comme une atteinte à la démocratie par la société civile et l'opposition à un mois d'un référendum constitutionnel. Mais, Pierre Nkurunziza, a bravé son propre peuple (qui a fini par baisser les bras) et dépassé la communauté internationale. Il fait, donc, ce qu'il veut, quand il veut et comme il l'entend.

Le projet de loi portant modification du code de procédure pénale a été adopté au bout de huit heures de débat, mercredi, 18 avril, soir, par 90 voix pour et 22 voix contre, a annoncé sur son compte Twitter, l'Assemblée de ce pays en crise depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature du président, Pierre Nkurunziza, à un troisième mandat controversé.

Le texte doit, désormais, passer devant le Sénat, puis, être promulgué par Pierre Nkurunziza "le plus rapidement possible", selon un haut cadre du parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

"Compte tenu de l'évolution de la criminalité au Burundi au cours des dernières années, il a fallu introduire de nouvelles règles dérogatoires au droit commun de la procédure pénale", a justifié Aimée-Laurentine Kanyana, la ministre de la Justice, en défendant son texte devant l'Assemblée.

Le projet de loi autorise, aussi, les forces de l'ordre à procéder à des "perquisitions multiples", visant des quartiers entiers, et donne le droit de perquisitionner des systèmes informatiques.

Ces nouvelles mesures pourront être appliquées dans des cas "de terrorisme, de trafic, de détention illégale d'armes ou de stupéfiants", selon Aimée-Laurentine Kanyana.

Les députés de la coalition des indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais), qui regroupe des proches d'Agathon Rwasa, leader historique de l'ex-rébellion des FNL, ont voté contre ce projet de loi "contraire à la Constitution", a expliqué Pierre-Céléstin Ndikumana, président de ce groupe parlementaire.

"Le parti au pouvoir vient d'enterrer la démocratie au Burundi", s'est-il insurgé.

Pour Justine Duby, spécialiste du Burundi pour la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), "c'est clairement une volonté de légaliser des pratiques illégales et arbitraires auxquelles les forces de l'ordre ont déjà recours depuis trois ans dans ce pays".

Les médias indépendants, les ONG locales et internationales rapportent, régulièrement, des cas de quartiers ceinturés par les forces de l'ordre et des perquisitions et arrestations sans mandats, surtout, dans les anciens quartiers contestataires de la capitale.

"C'est également une volonté de légitimer les méthodes répressives utilisées pour museler l'opposition et faire pression sur la population, à un mois d'un référendum constitutionnel très contesté", ajoute-t-elle, au sujet du vote du 17 mai visant à modifier la Constitution pour permettre au président de potentiellement rester au pouvoir, au moins, jusqu'en 2034. Une présidence à vie qui ne dit pas son nom.

La crise burundaise, sur laquelle la Cour pénale internationale a ouvert une enquête, a fait, au moins, 1.200 morts et plus de 400.000 déplacés.

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