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BURUNDI : Pierre Nkurunziza devient président à vie

Sans surprise, les Burundais ont, largement, approuvé, par référendum, une réforme de la Constitution qui va permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste jusqu'en 2034, selon les résultats provisoires qui vont, sans aucun doute, être confirmés. En fait de 2034, il s'agit d'une présidence à vie qui ne dit pas son nom car Nkurunziza, le moment venu, pourra, à nouveau, changer la constitution pour proroger son bail à la tête de l'Etat. Le Burundi revêt, donc, aujourd'hui, les attributs d'un royaume. En effet, le « très populaire président africain du Burundi » a, définitivement, enterré les Accords d'Arusha, qui régissaient le vivre-ensemble entre Burundais. Qu'on ne s'étonne, donc, pas si le pays renouait avec son cycle d'instabilité passé. Car tel que c'est parti, seule la force des armes pourra régler le problème. Fini le dialogue si dialogue il y a réellement eu. L'opposition de ce pays doit se demander, légitimement, le sens à donner à l'expression « Communauté internationale », c'est-à-dire, Nations-Unies, Union africaine, Etats-Unis, France, Belgique, etc.

Le Oui en faveur de cette révision constitutionnelle a obtenu 73,2% des voix contre 19,3% au Non, a indiqué le président de la Commission électorale (CENI), Pierre-Claver Ndayicariye.

Ces résultats avaient été, par avance, dénoncés par l'opposition, qui estime que le référendum s'est tenu dans un climat de peur et a été marqué par des fraudes.

Ces chiffres n'incluent pas la diaspora, mais, celle-ci, généralement, affiliée aux partis d'opposition dans sa grande majorité, ne représente, curieusement, que 0,27% des votants, selon les tablettes de la très partisane CENI. Un score vraiment bizarre. Les résultats définitifs doivent être validés dans un délai de neuf jours par la Cour constitutionnelle, elle aussi, aux ordres.

La nouvelle Constitution permet au « très populaire président africain du Burundi », au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020. Il n'a pas encore formellement annoncé qu'il se représenterait, mais cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Il a, déjà, réuni les moyens financiers devant lui permettre d'organiser ce scrutin sans aide étrangère, en imposant une souscription nationale. Comme tout bon dictateur !

Pasteur d'une église de réveil de son état, Nkurunziza n'est pas moins un petit menteur : lors de sa réélection en juillet 2015, il avait promis juré (devant les Burundais et la communauté internationale) que ce serait son dernier mandat. Mais, ignorant le Dieu qu'il dit obéir, il avait, en décembre 2016, contre toute attente, annoncé qu'il pourrait se représenter pour un quatrième mandat en 2020 "si le peuple le demand(ait)".

Le nouveau texte donne les mains libres à Nkurunziza, qui concentrera, désormais, seul, tous les leviers du pouvoir exécutif. Il acte, aussi, la mainmise totale de son parti, le CNDD-FDD, sur les institutions et la dérive autocratique du pouvoir depuis 2015.

Pauvre Burundi !

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