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BURUNDI : Pierre Nkurunziza un s'en fout la mort ?

Ses faits et gestes montrent, clairement, sa fuite en avant. Réélu, pour un troisième mandat contesté, en juillet 2015, Pierre Nkurunziza (notre photo) ne va pas fléchir sa position. Il n'en a pas l'intention. Et même si c'était le cas, son entourage militaro-politico-administratif, qui le suit dans son aventure, ne le laisserait pas, forcément, faire. Sa seule issue est : avancer, avancer, malgré le fait que c'est une voie qui mène le pays vers l'abîme. A moins d'une survenance de la providence. Cette survenance providentielle est-elle l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ? Après son installation dans le Bureau Ovale, le 20 janvier prochain, il se chargera de nommer un républicain bon teint, pour remplacer Samantha Power, au Conseil de sécurité des Nations-Unies, cette proche de Barack Obama qui aura été un véritable cauchemar pour l'administration Nkurunziza. L'avenir ne tardera pas à nous fixer sur la position de Washington dans le difficile dossier burundais.

Le bilan de Pierre Nkurunziza, depuis qu'il a tourné le dos aux Accords d'Arusha, est lourd : plus de 1.000 morts, sans compter les disparus et 310.000 Burundais (au bas mot) en exil. Sachant qu'il est devenu le mal aimé de la communauté internationale, il ne sort plus du Burundi depuis sa réélection controversée. Par exemple, il n'est pas présent, aujourd'hui, au Sommet Union africaine/Etats arabes, à Malabo, tout comme, il a manqué le Sommet africain organisé par le roi, Mohammed VI, en marge de la COP 22, à Marrakech, le 16 novembre dernier. Le banc du Burundi était, également, vide au Sommet de l'Union africaine sur le terrorisme et la piraterie maritime, le 15 octobre, à Lomé. Il n'est pas, non plus, annoncé au Sommet de la Francophonie prévu, les 26 et 27 novembre, à Antananarivo. De peur de faire l'objet d'un coup d'état s'il sortait de son pays, Pierre Nkurunziza s'est enfermé au Burundi. Entre quatre murs !

Si la communauté internationale se fait du souci pour le Burundi, Pierre Nkurunziza, lui, donne l'impression d'être serein. Il va même jusqu'à prendre des décisions qui enveniment la situation : il a, par exemple, ordonné la sortie du Burundi de la CPI (Cour pénale internationale) dans le but d'échapper à d'éventuelles poursuites d'ordre génocidaire, il a demandé, aussi, le départ du représentant local des Nations-Unies et son remplacement par quelqu'un d'autre, qui pense-t-il, épouserait la vision de Donald Trump sur le Burundi et les questions d'ingérence. Il a exercé, d'autre part, une pression sur l'Union africaine quand elle a voulu envoyer 5.000 soldats pour sécuriser les militants de l'opposition et de la société civile que l'armée régulière abattait comme du gibier. Face au refus de Bujumbura, l'Union africaine a mis ce dossier dans un tiroir. La France, de son côté, a fait voter une résolution au Conseil de sécurité pour envoyer plus de 200 policiers au Burundi dont le régime burundais ne voulait pas. Résultat, on n'en a plus entendu parler. Bref, Pierre Nkurunziza est devenu sourd, aveugle et muet car il ne parle avec personne.

Dernière initiative : il a lancé la révision de la constitution pour faire sauter le verrou du nombre de mandats. Si ce n'est pas sa présidence à vie qu'il prépare, c'est quoi alors ?

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