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BURUNDI : Très affaibli par la crise, Pierre Nkurunziza finira-t-il son troisième mandat ?

On ne s'attendait pas au limogeage de quatre ministres, et non des moindres, juste un mois avant le référendum constitutionnel du 17 mai prochain qui va faire de Pierre Nkurunziza un président à vie. On pensait que Nkurunziza et ses 20 ministres formaient un bloc de granit, bien soudé à toute épreuve, pour affronter n'importe quel danger. C'est l'impression qui a, toujours, été affichée. Mais voilà que la façade de l'édifice se lézarde au point où de l'extérieur, on voit, aisément, les faiblesses du système.

D'où la question que tout le monde se pose : Qui portera l'estocade finale à ce régime sanguinaire et violent dont le dernier forfait en date est d'avoir interdit la mendicité dans les grandes villes du pays, alors que depuis trois ans, Pierre Nkurunziza a appauvri le Burundi au point d'en faire le deuxième pays le plus pauvre du monde selon les Nations-Unies ? Seul le Centrafrique fait pire que le Burundi, ce qui fait du « très populaire président africain du Burundi » (entendez Pierre Nkurunziza), le président le plus incompétent du monde, d'autant plus que le Centrafrique est, encore, en pleine guerre civile qui ne dit pas son nom. Ce qui n'est plus le cas du Burundi depuis les Accords d'Arusha, qui avaient permis à Nkurunziza de présider le Burundi, dans la paix totale, pendant dix ans, jusqu'en 2015.

Alors qu'on pensait qu'il tient la situation en main, il a sacrifié son chef de la diplomatie, Alain-Aimé Nyamitwe, à qui il a préféré Ezéchiel Nibigira, ancien patron de la Ligue des jeunes du parti présidentiel, Imbonerakure. Un durcissement du régime qui annonce-t-il la fin de celui-ci ?

De son côté, Nestor Bankumukunzi, jusqu’alors ministre des Postes, des Technologies de l’information, de la Communication et des Médias, depuis le 24 août 2015, a, lui aussi, cédé sa place à Evelyne Butoyi.
Même sort pour Josiane Nijimbere, la ministre de la Santé qui sort du gouvernement au profit de Thaddée Ndikumana. Quant à Célestin Ndayizeye, qui n'était ministre de l’Eau et de l’Environnement que depuis janvier 2017, il est remplacé par Déo Guide Rurema.

De peur d'être victime d'un coup d'état, on rappelle que Pierre Nkurunziza ne sort plus du Burundi, depuis trois ans. Il terminera son mandat (s'il y parvient) jusqu'en 2020 sans jamais représenter son pays à aucune conférence internationale. Le plus souvent, il y était représenté par Alain-Aimé Nyamitwe. Ce dernier, comme ministre des Affaires étrangères, et son frère, Willy Nyamitwe (voir notre photo où il est à droite de son frère), qui vend l'image de Nkurunziza comme conseiller en communication du président de la République, sont les premières victimes (le tour de Willy arrive) de la très mauvaise image de l'ancien maître d'éducation physique à l'international. En attendant qu'un courageux se lève un matin pour mettre tous le Burundais d'accord en libérant le pays de la dictature de Nkurunziza et de son clan. Ce moment n'est plus très loin.

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