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BURUNDI : Trois morts tués par balle ce vendredi 4 décembre, Silence de mort de Nkurunziza

Trois assaillants, selon la formulation de la police de Pierre Nkurunziza, ont été tués et deux autres arrêtés, vendredi, 4 décembre, à Bujumbura, après, dit-on, avoir tendu une embuscade à un haut responsable de la police, qui n'était pas dans son véhicule, a annoncé une source policière. Un grossier montage !

Les cinq assaillants, en uniforme de l'API (Appui pour la protection des institutions), une unité d'élite de la police, ont tiré à la roquette et au fusil d'assaut sur le véhicule du général, Christophe Manirambona, chef des unités spécialisées de la police, sur une des avenues les plus fréquentées de la capitale, près du centre-ville, a expliqué un haut gradé de la police ayant requis l'anonymat.

"Les forces de l'ordre sont intervenues tout de suite (...) trois insurgés ont été tués, deux autres capturés et plusieurs armes saisies", a déclaré cette même source, précisant que le général Manirambona n'était pas dans le véhicule pris pour cible et qu'aucun occupant n'avait été blessé.

Selon un cadre du Service national de Renseignement (SNR), les assaillants étaient des "civils déguisés en policiers" et non des membres de l'API.
Le général Manirambona, connu sous le sobriquet de "Wakenya" ("le boiteux"), a combattu durant la guerre civile (1993-2006) dans la rébellion du CNDD-FDD, devenue en 2005, le parti au pouvoir, quand son chef, Pierre Nkurunziza, a été élu chef de l'Etat.

Le général "Wakenya" est un des hommes-clés de la répression des six semaines de manifestations contre le 3e mandat du président Nkurunziza, déclenchées, fin avril, par l'annonce de sa candidature, puis, des violences, désormais, armées qui se sont intensifiées depuis la réélection controversée du chef de l'Etat, en juillet.

Il est la cinquième figure du pouvoir - et le quatrième haut responsable sécuritaire - visée par une embuscade depuis cette réélection.
L'homme fort de l'appareil sécuritaire, le général Adolphe, Nshimirimana, avait péri, le 2 août, dans une attaque à la roquette, en plein Bujumbura, tandis que le chef d'état-major de l'armée, Prime Niyongabo, a échappé, en septembre, à des tirs ayant tué 7 membres de son escorte.

Fin novembre, le colonel, Serge Kabanyura, commandant de la 5ème région militaire, dans l'Ouest du Burundi, avait été blessé, lors d'une embuscade, à une vingtaine de kilomètres au Sud-Est de Bujumbura, le lendemain de tirs visant, à Bujumbura, Zénon Ndaruvukanye, membre de l'organe dirigeant du CNDD-FDD, qui en avait réchappé.

Les affrontements armés entre forces de l'ordre et insurgés sont devenues quasi-quotidiens à Bujumbura.
Chaque fois, la version donnée par la police ou les forces de défense et de sécurité, est, toujours, différente de celle de la population. Le pouvoir de Pierre Nkurunziza, déjà aux abois, contraint de démarrer, bientôt, le dialogue avec l'opposition, dans un pays neutre autre que le Burundi, certains observateurs avancent une mise en scène de la police dans l'attaque ratée du général Manirambona.

Après avoir beaucoup exposé sa police, Pierre Nkurunziza ne sait plus exactement à quel saint se vouer. Washington et Bruxelles lui conseillent de quitter, tout simplement, le pouvoir, à l'issue d'une autre élection présidentielle à laquelle il ne serait pas candidat. On attend qu'il se décide, en l'annonçant, lui-même, ce qui lui vaudrait moins de déboires que s'il était chassé par un coup d'état militaire ou autre. En cas de coup d'état, en effet, sa situation deviendrait catastrophique à la CPI (Cour pénale internationale).

Avec AFP

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