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BURUNDI : Un journaliste en danger de mort dans les geôles de Nkurunziza

C'est un véritable SOS qui est lancé à la communauté internationale. Un journaliste burundais a été arrêté, vendredi, 6 novembre, par l'armée, à une vingtaine de kilomètres de Bujumbura, avant d'être remis au Service national de renseignement (SNR), la police politique de Nkurunziza, qui le détient depuis, a-t-on appris, auprès de sa radio et de la police.

Blaise Célestin Ndihokubwayo, journaliste de Radio, Isanganiro, a été arrêté vers 12h30, par des soldats dans la commune de Mugongomanga, dans la province de Bujumbura (Ouest), alors qu'il revenait d'un reportage de plusieurs jours, à l'intérieur du pays.

Agé d'une trentaine d'années, ce journaliste a, ensuite, été remis à la police avant d'être transféré au SNR, la police présidentielle du Burundi, selon le site d'information de Radio Isanganiro. Blaise Célestin court le danger d'être tué par balles, comme savent très bien le faire, les policiers sans foi ni loi de Pierre Nkurunziza. Ce journaliste court un danger grave : il peut se retrouver deux ou trois balles dans la tête. Comme un jeu. Ca se passe, généralement, ainsi, chez Nkurunziza (notre photo : traduction : "Dernier avertissement. Nkurunziza, cessez de tuer des gens, nous en avons assez de votre mauvais gouvernement", une pancarte brandie le 20 octobre 2015, lors des funérailles d'un journaliste, à Bujumbura, tué par la police de Nkurunziza).

"Notre journaliste a été acheminé dès hier dans les cachots du SNR à Bujumbura où il a passé la nuit, (...), et on a cherché à savoir pourquoi, mais personne ne nous a donné le motif de son arrestation", explique le directeur de cette radio, Samsom Maniradutunga. Ainsi va la vie dans la très (démocratique) République de Pierre Nkurunziza.

Radio Isanganiro est une des principales stations privées indépendantes du Burundi. Accusées d'avoir soutenu la contestation au 3e mandat du président, Pierre Nkurunziza, elles ont été toutes détruites par les forces loyalistes, le 13 mai, lors d'une tentative ratée de coup d'état militaire au Burundi.

Evidemment, il ne se trouve aucun responsable des services de sécurité burundais, pour répondre aux questions qui gênent.

"J'ai pu voir Blaise ce matin (samedi), sans pouvoir lui parler. Il a pu juste me dire qu'il était détenu jusqu'ici dans de bonnes conditions", a poursuivi M. Maniradutunga.

Selon un haut gradé des services de sécurité, qui a requis l'anonymat, "ce journaliste n'avait rien à faire dans cette province de Bujumbura, alors que sa radio ne fonctionne plus".
Mais le directeur de radio Isanganiro a rappelé que ses "journalistes continuent de travailler pour le site web, en toute légalité". Et même s'il ne travaillait pas pour le site web de la radio, n'a-t-on plus la liberté de circuler, partout où on veut, au Burundi ?

Le journaliste arrêté se trouvait dans la province de Bujumbura rural, où des affrontements ont opposé, pour la première fois, depuis le début de la crise actuelle, les forces de l'ordre à une rébellion naissante, il y a une semaine.

La candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat controversé a plongé, fin avril, le Burundi dans une crise qui a déjà fait au moins 200 morts. Une brutale répression et sa réélection, en juillet, n'ont pas empêché l'intensification des violences.

Pierre Nkurunziza est passible de Cour pénale internationale (CPI). Il est le principal responsable des crimes de sang dont son pouvoir est tributaire, et tôt ou tard, il aura à en répondre.Ces crimes, il doit le savoir, sont imprescriptibles. Il ne devra pas dire, quand le moment de l'inculper arrivera, que la CPI est contre lui parce qu'il est Noir et Africain. A lui de prendre ses responsabilités, devant le Burundi et l'Afrique, dès maintenant. Car il est sur une très mauvaise pente.

Depuis mai, presque tous les médias indépendants sont réduits au silence et de nombreux journalistes, cibles de menaces ou d'attaques, ont fui le pays ou se cachent.

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