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BURUNDI : Un tiers de la population affectée par la famine, performance signée Pierre Nkurunziza

Bravant les Burundais et la communauté internationale, refusant de respecter la constitution du pays et les Accords d'Arusha qui lui interdisaient de se représenter pour briguer un troisième mandat successif, Pierre Nkurunziza a réalisé un putsch contre les institutions de son pays pour se maintenir à la tête de l'Etat, après l'organisation, en 2015, d'une présidentielle affectée par une fraude industrielle. Au moment où il prépare le changement de cette constitution pour pouvoir se représenter en 2020, et rester président à vie, les Nations-Unies tirent la sonnette d'alarme, la famine gagnant du terrain à pas de géant. Voilà la performance hors norme réalisée par ce président dont l'entêtement a poussé les grands partenaires au développement à rompre, purement et simplement, leur coopération avec le Burundi, en attendant que son président reprenne le chemin de la démocratie et de la préservation des droits de l'homme.

Le tiers de la population du Burundi aura besoin d’une assistance humanitaire en 2018, soit, une hausse de 20% sur une année, selon l'ONU, qui estime qu’il faudrait, au moins, 141 millions de dollars pour y faire face.

"L’analyse des besoins humanitaires indique que 3,6 millions de personnes, soit, le tiers de la population burundaise, auront besoin d’une assistance humanitaire en 2018. Cela représente une hausse de quelque 20% par rapport à l’an dernier", a déclaré Garry Conille, le représentant du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) au Burundi.

Garry Conille a présenté "le plan de réponse humanitaire 2018 pour le Burundi" préparé par les organisations humanitaires œuvrant dans ce pays. Ce plan a été conçu en concertation avec le gouvernement burundais, qui d'ordinaire, refuse de s'associer à toute initiative de la communauté internationale.

"La vulnérabilité des populations, qui est entretenue par une situation socio-économique précaire mais aussi par la recrudescence des catastrophes naturelles, se manifeste par une détérioration des conditions de vie, un accès limité aux services de base et par un déplacement des populations", a expliqué Garry Conille.

Il s'est abstenu d'évoquer la crise politique qui frappe le Burundi depuis avril 2015. Le gouvernement rejette toute référence à cette crise, estimant que tout va pour le mieux dans le pays.

"Les femmes et les enfants restent particulièrement vulnérables", a poursuivi le représentant du Pnud, précisant que "le taux de malnutrition aiguë sévère affectant les enfants de moins de cinq ans dépasse le seuil d’urgence dans 8 des 18 provinces du pays".

"Le plan que nous lançons aujourd’hui, et qui intègre le soutien aux (quelque 50.000) réfugiés congolais (au Burundi), cible 2,4 millions de personnes - le double des personnes bénéficiaires de cette aide en 2017 - et requiert un montant de 141 millions de dollars (114 millions d'euros)", a-t-il ajouté.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza (sur notre photo avec son regard absent) a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise ont fait, au moins, 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert une enquête.

Le Burundi est, désormais, classé parmi les trois pays les plus pauvres du monde. Il traverse, aussi, une crise socio-économique caractérisée par un manque criant de devises, de régulières pénuries d’essence et des crises sanitaires ou alimentaires. C'est une sacrée gouvernance signée Pierre Nkurunziza qui va perpétuer ce calvaire qu'il fait endurer aux Burundais en cherchant un autre mandat en 2020, suite à la modification de la constitution prévue dans quelques mois.

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