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BURUNDI : Un troisième mandat qui conduit le pays vers une nouvelle guerre civile

Envers et contre tous, Pierre Nkurunziza a pu se succéder à lui-même, en juillet, lors d'une élection présidentielle à laquelle il n'avait pas droit, et dont l'issue était connue d'avance. Depuis cette date, le Burundi est plongé dans une instabilité totale. Le pouvoir ne peut plus ré-instaurer un climat de sérénité et de paix propice au développement du pays. Il est non plus capable d'imposer la paix, sinon ça se saurait.

Lundi dernier, dans sa fuite en avant habituelle qui caractérise ses décisions, Pierre Nkurunziza avait donné jusqu'au 7 novembre aux détenteurs d'armes de les déposer auprès des forces de défense et de sécurité, sinon, il allait passer à une phase de répression active. A la veille de la fin de cet ultimatum, on peut dire que son appel a été un échec. La vérité, c'est que ses adversaires présents au Burundi, tout comme ceux partis en exil, n'ayant pas (plus) peur de lui, ils déroulent, tranquillement, leur plan qui consiste à rendre son 3e mandat (usurpé) intenable. Ils sont en passe de réussir. La preuve, même en tirant à balles réelles, même en multipliant des assassinats, ses forces de défense et de sécurité n'arrivent à intimider personne. La solution n'est, donc, pas dans la violence.

Ce vendredi, 6 novembre, un des fils du défenseur burundais des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, a été retrouvé assassiné, à Bujumbura, quelques heures après son arrestation par la police. Figure de la société civile burundaise et un des leaders de la contestation contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza qui a plongé le pays dans une violente crise politique depuis fin avril, Pierre-Claver Mbonimpa avait, lui-même, été, grièvement, blessé lors, d'une tentative d'assassinat, en août, attribuée à des partisans du pouvoir burundais. Un de ses gendres a été assassiné, début octobre, à Bujumbura : "On vient de me dire que mon fils a été tué et que son corps se trouve à la 12e avenue à Mutakura", quartier contestataire de Bujumbura, a annoncé M. Mbonimpa, depuis la Belgique où il s'est exilé, après sa tentative d'assassinat. Rien que ce matin, les forces de Nkurunziza ont tué 4 personnes, à Bujumbura. Quand arrêtera-t-il ce massacre ?

Question toute simple : Comment Pierre Nkurunziza compte-t-il tenir son pari (complètement fou) de son 3e mandat arraché de force, alors qu'il a la moitié du peuple burundais (y compris une bonne partie de son propre parti le CNDD/FDD) et la communauté internationale, contre lui ? Le dialogue que l'ONU et l'Union africaine, appellent de leurs vœux, risque d'être une montagne qui accouche d'une souris, s'il ne débouche pas sur le départ de Nkurunziza du pouvoir. C'est la seule et unique solution, pour ramener la paix dans le pays.

Pierre Nkurunziza qui est crédité de plus de 200 morts depuis avril 2015, quand il a annoncé sa candidature à la présidentielle pour briguer un troisième mandat, est, déjà, passible de CPI (Cour pénale internationale). Le moment où il sera sur le sellette, il ne devra pas dire que la CPI le pourchasse parce qu'il est Africain. Le voilà, aujourd'hui, qui prête le flanc en commettant des assassinats qui l'exposeront demain devant la justice internationale.

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