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CAMEROUN : Charles Ndongo nommé patron de la télévision d'Etat

Charles Ndongo a été nommé, directeur général de la CRTV (Cameroon Radio Television), mercredi, 29 juin. Icône du petit monde médiatique camerounais, sa promotion a éclipsé toutes les autres nominations de la journée dont celle d'Aminata Ahidjo, fille de l'ancien chef de l'Etat à la présidence du conseil d'administration du Palais des Congrès de Yaoundé.

Journaliste connu et apprécié, Charles Ndongo s'apprêtait à prendre sa retraite, dans deux mois. Mais le chef de l'Etat, Paul Biya, en a décidé autrement. A vrai dire, ses proches avaient fini par baisser pavillon, après que plusieurs possibilités de promotion lui furent passées sous le nez. Personne n'y croyait plus. Pas même l'intéressé, après une trentaine d'années passées à la CRTV dont 20 comme chef de la Brigade chargée des reportages présidentiels. C'est donc un journaliste qui connaît bien Paul Biya et que le président de la République connaît bien aussi. Mais question : le président l'appréciait-il vraiment ? On était en droit d'en douter jusqu'à avant hier, date de sa nomination.

Pourquoi la nomination de Charles Ndongo est méritée ? Parce qu'il est un très bon journaliste. Même ses détracteurs, dans la presse privée, lui reconnaissent beaucoup de talent. Charles Ndongo sait dire les choses sans jamais fâcher personne, ce qui est une qualité importante quand on est journaliste d'un média d'Etat au Cameroun. Il a, parfois, souffert dans sa longue carrière où d'aucuns, à sa place, auraient failli. Lui non ! Même quand on soupçonnait qu'il pouvait être déçu de certains choix, ses éditoriaux, notamment, sur l'action du chef de l'Etat, restaient d'une bonne tenue. Leur hauteur intellectuelle désarçonnait tout ceux qui étaient chargés de dénicher ses faux pas pour le faire trébucher. Charles Ndongo est politiquement lisse : il possède, sans doute, peut-être, sa carte de membre du RDPC, mais, on ne l'a, jamais, surpris en train de revendiquer, ostensiblement, cette appartenance. Sa discrétion (même dans la douleur) l'a, toujours, honoré. C'est quelqu'un qui sait souffrir en silence. Bref, sa nomination qui vient à cette heure tardive bien qu'il ne soit jamais trop tard pour personne, prouve qu'il ne faut jamais désespérer. Car Dieu est juste !

Bonne chance à Charles. Qu'il sache qu'il prend le relais de quelqu'un (son prédécesseur) dont les ennuis judiciaires commencent à peine, tout comme le prédécesseur de ce prédécesseur qui, lui, croupit, déjà, en prison. Malgré ses états de service. Ceci pour dire quoi ? Que Paul Biya, ce que n'ont jamais voulu comprendre les Camerounais, veut une République exemplaire, dirigée par des commis de l'Etat hors de tout soupçon.

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