CAMEROUN : L'armée tue 100 Boko Haram et libère 900 otages

La nébuleuse Boko Haram s'affaiblit, de jour en jour, inexorablement. Au Nigeria, le président, Muhamadu Buhari, a donné jusqu'au 31 décembre 2015, à ses généraux, pour parler de Boko Haram au passé composé. Depuis cet ultimatum, l'armée nigériane gagne bataille sur bataille contre Boko Haram, et reconquiert, progressivement, toutes les localités jadis confisquées par les djihadites. Le Cameroun suit la même logique, avec la différence qu'ici, aucun centimètre carré du territoire camerounais, n'est entre les mots de la nébuleuse, ce qui ne veut pas dire qu'elle n'est pas présente dans certaines localités de l'Extrême-Nord.

Mercredi, 2 décembre, l'armée camerounaise lui a porté un coup sévère, tuant "une centaine" de ses assaillants et libérant 900 otages au cours d'une opération de trois jours dans l'Extrême-Nord du pays. En attendant une confirmation neutre, on peut d'ores et déjà faire crédit au gouvernement camerounais, qui, dans le passé, n'a jamais failli, dans ce genre d'annonce.

"Une opération spéciale de ratissage menée du 26 au 28 novembre contre les combattants" de Boko Haram dans les localités frontalières avec le Nigeria, "a permis de neutraliser plus d'une centaine de djihadistes", affirme, en effet, dans un communiqué lu à la radio nationale, le nouveau ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo. Cette opération a, aussi, permis de "libérer près de 900 otages, de saisir une importante cargaison d'armes et de munitions, ainsi que, des drapeaux blancs-noirs de l'Etat islamique" auquel Boko Haram a fait allégeance, en mars 2015.

"Le succès de cette opération est le résultat de la parfaite synergie entre les forces de défense camerounaises des opérations Emergence 4 et Alpha (initiatives camerounaises de lutte contre Boko Haram), la Force mixte multinationale (coalition régionale contre Boko Haram), et la collaboration des forces armées nigérianes", s'est félicité le ministre, Beti Assomo, qui a salué "le dévouement permanent" des soldats camerounais engagés dans la guerre contre Boko Haram.

Ayant constaté son affaiblissement progressif et son incapacité à réaliser des attaques conventionnelles avec blindés, chars, mortiers soutenus par des centaines de combattants, comme dans un passé récent, Boko Haram a opté pour la pose des bombes. Depuis le mois de juillet, l'Extrême-Nord du Cameroun est, régulièrement, visé par des attentats-suicides attribués aux djihadistes nigérians. Mardi, 1er décembre, soir, au moins, six personnes (dont les deux femmes-kamikazes) ont, ainsi, été tuées par un double attentat-suicide perpétré, à Waza, une petite ville touristique de la région. Une troisième kamikaze a été abattue avant d'actionner sa charge explosive.

Des membres du comité de vigilance de Waza, formés par des habitants pour contrer les infiltrations de Boko Haram, dans les villages, font partie des victimes, selon la source sécuritaire.
C'est la première fois que Waza, proche du Nigeria où sévit le groupe islamiste Boko Haram, est visé par des attentats-suicides. Ville touristique autrefois fréquentée par des voyageurs occidentaux, cette localité n'attire plus de touristes depuis que la région de l'Extrême-Nord subit, régulièrement, des raids de Boko Haram.

Waza est aussi une ville de transit située entre Maroua, le chef-lieu de la région, et Kousseri, à la frontière du Tchad. C'est dans cette ville que dix travailleurs chinois avaient été enlevés, en mai 2014, avant d'être libérés après 5 mois de captivité.

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