CAMEROUN : Les vérités du ministre Paul Atanga Nji qui dérangent

Dans l'une de ses dernières sorties, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a nommément cité les ONG nationales et internationales, ainsi que, les médias, qui font dans la déstabilisation du Cameroun et de ses institutions. « Pas d'intérêt pas d'action », dit-on. Le ministre avance la somme de plus de 5 milliards de F CFA (environ 10 millions de dollars) que les réseaux multiformes extérieurs ont mis à la disposition de ces organes incriminés pour effectuer leur basse besogne.

La sortie du ministre, Paul Atanga Nji (notre photo), n'est pas de trop quand on observe de plus près ce qui se passe aujourd'hui au Cameroun. A-t-il raison sur le fond comme beaucoup le pensent ou bien déplace-t-il le problème sur un terrain favorable pour le gouvernement ?

J'ai passé 5 semaines, entre décembre et janvier 2020, au Cameroun, pendant lesquelles je zappais, très souvent, entre différentes chaînes locales de télévision où la liberté de ton est totale : chacun dit ce qu'il veut (parfois sans preuve) et tout le monde est content. Mais, dans ce jeu du laisser dire n'importe quoi, on n'a pas besoin d'un grand effort intellectuel pour relever de l'anti-patriotisme chez certains. Comme organes de presse qui diffusent une information presque tout le temps à charge, le ministre, Paul Atanga Nji, a cité Equinoxe Télévision, le quotidien Le Jour, la radio Balafon, etc. Pour moi, ce n'est pas une découverte. En dehors de la radio Balafon dont je ne peux rien dire pour ne l'avoir jamais écoutée, les deux autres organes, il ne faut pas se le cacher, font du Cameroun Bashing. C'est vrai que le rôle de la presse n'est pas de mettre l'accent sur les trains qui arrivent à l'heure. Mais tout de même. Doit-on faire le jeu de l'ennemi en temps de guerre sous prétexte qu'on s'adonne à la liberté de presse ? A qui profitent le dénigrement et la critique systématique indexés en Unes de ses organes d'expression, et ce de façon quasi-régulière ?

Que les ONG internationales comme Amnesty International, Human Right Watch ou International Crisis Group, ciblent le Cameroun et son président, comme le mal absolu, quoi d'anormal ? Elles font leur job pour le compte des pays occidentaux qui les financent, et qui ne peuvent pas directement attaquer le Cameroun sous peine d'être accusés d'ingérence et de colonialisme. Tandis que les ONG internationales, elles, présentent la chose sous l'angle des droits de l'homme, afin de mieux faire passer leur pommade. Mais, l'objectif est le même : couler le Cameroun pour qu'il soit mieux pillé. Il ne faut pas avoir fait Sc-Po pour voir qu'elles répondent, toutes, à un agenda caché. On ne doit même pas leur jeter la pierre quand on sait que « La main qui reçoit est au-dessous de la main qui donne ». Autrement dit, qui paie commande. Etant des ONG à but non lucratif (du moins en théorie), elles sont supposées vivre des dons des personnes physiques ou morales qui, n'ont pas (que) des visées neutres sur le Cameroun.

Voilà pourquoi ces ONG internationales peuvent noircir le Cameroun et son gouvernement. A souhait. Ce qui est étonnant, voire, inadmissible, c'est que certains ministres du Cameroun passent leur temps à s'en émouvoir. A s'en plaindre. Peut-être n'ont-ils pas encore compris qu'il serait temps qu'ils revêtent, eux aussi, la posture de leur collègue, Atanga Nji. Car le Cameroun est dans l'oeil du cyclone des déstabilisateurs. Pourquoi ?

Parce que considéré comme un pays avec un sous-sol particulièrement riche, il vient de faire l'objet d'une étude fouillée de son sous-sol par la Banque mondiale au même titre que d'autres pays africains. Alors que cette étude a commencé en 2014 et pour cinq ans, la Banque mondiale a été étonnée, que dès 2015, la trouvaille dans seulement 3 des 10 provinces du Cameroun, soit extraordinaire. En effet, en dehors des ressources traditionnelles comme le pétrole, le gaz, la bauxite, le fer, le diamant, l'or, et autres, le Cameroun serait le pays africain champion toutes catégories (avec le Burundi) pour ses immenses quantités de terres rares que regorge son sous-sol.

Selon les experts de la Banque mondiale, il y a plus de 300 minerais identifiés à des quantités très importantes : lithium, samarium, europium, gadolinium, ytterbium, scandium, etc. Bref, 300 minerais de ce genre ont été identifiés dans, seulement, trois provinces. Qu'en serait-il quand les dix provinces auront été étudiées ? Le Cameroun, selon les experts de la Banque mondiale, est donc un scandale géologique.

Toutefois, cette étude de la Banque mondiale n'a pas été portée à la connaissance des autorités camerounaises. Par contre, la Banque mondiale l'a mise à la disposition des multinationales occidentales, proches des pouvoirs occidentaux qui la contrôlent (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Allemagne, Australie, etc.). Les difficultés de Paul Biya proviennent de cette très grande découverte d'autant plus qu'un candidat malheureux à la présidentielle d'octobre 2018, aurait, de son côté, promis l'exploitation facilitée de ces terres rares aux multinationales occidentales si on l'aide à vite accéder au pouvoir. On pense savoir que c'est la raison du boycott des élections législatives et municipales de son parti. En effet, au moment où ces élections se tenaient, le président de ce parti a préféré s'offrir un voyage en France et aux Etats-Unis comme pour montrer que l'alternance au Cameroun ne viendra pas par les urnes. Et qu'il compte sur d'autres forces pour accéder au pouvoir.

Il faut ajouter ceci : Si le Cameroun, au même moment, est attaqué à l'Est (Séléka, Anti-Balakas et autres qui viennent du Soudan du Sud, un pays abandonné à lui-même), à l'Extrême-Nord (Boko Haram qui bénéficie de l'encadrement et du financement de certains réseaux occidentaux, ce qui rend son éradication très compliquée par l'armée nigériane), et au NOSO par les séparatistes ambazoniens qui sont alimentés par des officines américaines, ce n'est pas par hasard ni une simple coïncidence. Les commanditaires de ces actions concertées se disent que tôt ou tard, l'armée camerounaise, à force de subir, finira par s'effondrer, ne serait-ce que sur le plan psychologique et mental. D'où des attaques répétées des ONG internationales qui sont, curieusement, reprises et, parfois, amplifiées sans vérification des faits par certaines ONG locales. Ces dernières, il faut le dire, sont manipulées en plus d'être naïves. Car, pour quelques maigres sous, on leur fait faire le sale boulot. En interpellant ses compatriotes de la presse et des droits de l'homme à plus de responsabilité, car la déstabilisation du Cameroun est en marche, Atanga Nji est dans son rôle. On peut même le critiquer qu'il aurait dû faire cette dénonciation depuis fort longtemps. Rappelons qu'en dehors de sa casquette de ministre de l'Administration territoriale, il est aussi le secrétaire permanent du Conseil national de sécurité qui regroupe tous les sécurocrates du Cameroun ainsi que les organes chargés du renseignement, de l'espionnage et du contre-espionnage camerounais.

Il faut préciser que si Paul Biya, le président du Cameroun dont ces ONG et cette presse ne veulent plus, est la cible des pays occidentaux, c'est, justement, parce qu'il a refusé de leur livrer, facilement, ce que certains sont prêts à donner à vil prix pour arriver au pouvoir. Aucun nationaliste camerounais digne de ce nom ne peut l'accepter.

Il est temps que chaque Camerounais prenne, qui son fusil, qui sa machette, qui son couteau, qui son stylo (pour les journalistes), pour défendre le Cameroun. Car le pays est en guerre. Et cette guerre dont il est question doit se gagner d'abord et avant tout de l'intérieur auprès de ses enfants dont Paul Atanga Nji a cité les noms de quelques représentants. On ne peut pas gagner la guerre à l'extérieur alors que l'intérieur du pays est encore infesté par des germes qui sont eux aussi destructeurs que ceux venant de l'étranger. Que chaque Camerounais se dise : « La déstabilisation qu'on cherche au Cameroun ne passera pas par moi, même si je n'aime pas Paul Biya ». Car il ne s'agit pas d'une personne ou d'un groupe de personnes, mais, du Cameroun tout entier.

Imagine-t-on des Camerounais souhaiter la défaite des Lions indomptables ? Comment se fait-il alors qu'il s'en trouve à souhaiter du mal à l'armée camerounaise, qui est, justement, là pour préserver l'intégrité du territoire et l'indépendance du pays ?

Si on peut se permettre de donner un conseil à Paul Biya, le président de tous les Camerounais (même ceux qui ne l'aiment pas), c'est que dans son prochain gouvernement, actuellement, en préparation, semble-t-il, qu'il nomme trois ou quatre autres Atanga Nji à des postes exposés et stratégiques pour assurer avec plus d'efficacité, la défense des intérêts des Camerounais et de leur Etat. A haute voix !

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