CAMEROUN : Paul Biya convoque un dialogue sur la crise anglophone fin septembre

Après plusieurs longs mois d'attente, le président, Paul Biya, a annoncé, mardi, 10 septembre, à 20 h 00 (19h00 GMT), dans un assez-long discours de sa voix rocailleuse, la convocation d'un dialogue sur la crise anglophone. Celui-ci se tiendra, à Yaoundé, à la fin de ce mois de septembre. Présidé par le premier ministre, Joseph Dion Ngute, ce dialogue ouvert à toutes les sensibilités camerounaises aussi bien de l'intérieur que de la diaspora, parlera de tous les sujets et préoccupations de l'heure, dans le cadre de la constitution, et d'un Cameroun « un et indivisible ».

Le cardinal, Christian Ntumi, est « très satisfait » de la sortie du président de la République. Pour le prélat que d'aucuns considèrent, parfois, à cause de son franc-parler, comme l'opposant numéro un au chef de l'Etat, ce dernier répond, par cette annonce du dialogue, à son attente, lui qui cherche à convoquer une telle réunion depuis l'année dernière sans succès. Interrogé ce matin par la chaîne privée camerounaise de télévision, Canal II International, le cardinal reconnaît la lourdeur de la tâche et souhaite bon courage au premier ministre, Joseph Dion Ngute, car il « aura beaucoup de travail ».

Une délégation envoyée par le futur président du dialogue sillonnera, dans les jours qui viennent, les principaux pays africains, européens, américains et asiatiques, qui accueillent un grand nombre de Camerounais de la diaspora. Objectif : recueillir leurs doléances à intégrer dans l'ordre du jour général des travaux. Les représentants de cette diaspora seront, aussi, invités au dialogue où ils pourront défendre leurs positions.

Dans son discours de 29 minutes, Paul Biya (notre photo) a rappelé les différentes étapes de la contestation anglophone, qui ont abouti à la convocation de ce dialogue. C'est d'abord les avocats et les enseignants, qui avaient relevé des griefs qui les marginalisaient du système. Ces griefs ont été, totalement, corrigés. Mais, ils ont muté sur des revendications générales d'ordre politique, avec, par exemple, la demande d'un retour au fédéralisme (forme de l'Etat supprimée le 20 mai 1972), par une majorité de ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. D'autre part, la demande de la création de la République de l'Ambazonie, soutenue par une minorité de ressortissants de la même région du Cameroun. Cette minorité, généralement, financée par la diaspora de cette région, a mis une armée sur pied, qui a réussi à paralyser l'activité économique, sociale et culturelle, des deux provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. On en est là aujourd'hui.

Le président, Paul Biya, ne veut nullement entendre parler de sécession. Il en est de même de la grande majorité des ressortissants anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui veulent rester des Camerounais à part entière, mais des Camerounais qui sont contents d'appartenir à un ensemble national où leurs doléances sont prises en compte par Yaoundé. Le dialogue tentera d'y apporter des solutions durables.

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