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CAMEROUN : Un défilé du 20 mai qui montre la capacité du pays à faire face à l'adversité

Une équipe des reportages très sereine dirigée par la directrice des Rédactions TV de la CRTV, Madeleine Soppi Kotto, sous la « supervision générale » du patron de la télévision publique, Charles Ndongo, qui a préféré être aux côtés de ses équipes techniques et rédactionnelles au lieu de prendre place à la tribune avec les officiels, a pu retransmettre, sans fausse note, l'ensemble du défilé, celui-ci étant d'ailleurs repris par les chaînes privées camerounaises de télévision. Le défilé du 20 mai aussi bien militaire que civil aura été un bon moment tel que les Camerounais souhaiteraient en avoir, souvent, pour magnifier leur vivre ensemble. Commencé à 11 h 00 (9 h GMT), il a pris fin à 13 h 30 (11 h 30 GMT).

Les deux semaines de préparation du défilé du 20 mai n'auront pas été inutiles. Tout s'est bien passé sans aucun couac. Les personnalités de la République, à savoir, le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, le premier ministre chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, le président de l'Assemblée nationale, Cavayé Djibril, le président du sénat, Marcel Niat Njifendji, sans oublier, les membres du gouvernement, du corps diplomatique, les députés et sénateurs, hommes politiques, économiques, culturels et de la société civile, etc., ont tous pris part aux festivités présidées par le président du Cameroun, Paul Biya, qui était arrivé sur le Boulevard du 20 mai, lieu du défilé, à 11 h 00 (9 h 00 GMT). Sur notre photo, Paul Biya est entre Marcel Niat, le président du Sénat, et la première dame, Chantal Biya.

« Le Cameroun n'est pas négociable », « C'est la fête, c'est l'unité » « Cameroun réalise où tu t'en vas », etc, sont des slogans qui ont mobilisé les Camerounais pendant les trois heures de défilé.

Côté militaires :160 soldats d'élite des Forces armées congolaises supervisés par le chef d'état major des armées congolaises, le général de division, Guy Blanchard Okoï, dans la tribune officielle aux côtés de son alter ego camerounais, le général du corps d'armée, René Claude Méka, ont impressionné avec leur pas lent, cadencé et bien applaudi par les participants.

Par la suite, l'armée camerounaise démarrait son show avec la Garde présidentielle, la meilleure unité de l'armée camerounaise (avec le Bataillon d'intervention rapide). Ont, aussi, tour à tour, défilé, l'Ecole militaire interarmes (qui avait formé l'ancien président burkinabé Thomas Sankara), la gendarmerie nationale où la féminisation est très poussée, l'armée de terre, le Bataillon de l'Opération Emergence 4 chargé de lutter contre Boko Haram notamment, la Brigade du Quartier Général (qui sécurise Yaoundé), le Bataillon d'intervention rapide (BIR) qu'on ne présente plus dans la sous-région, l'armée de l'air, la marine nationale, les sapeurs pompiers, la sûreté nationale, l'Ecole nationale supérieure de police, l'administration pénitentiaire, l'administration des douanes, le défilé monté et motorisé. Il s'agit des unités constituées, opérationnelles, qui ne demandent qu'à servir. Et elles servent tellement bien qu'aucun cm² du territoire camerounais n'est entre les mains des ennemis.

Deuxième séquence du défilé, le défilé civil : Celui-ci a démarré avec l'équipe des Lions indomptables U17 vainqueurs de la CAN de cette année. Ensuite, ont tour à tour défilé l'ENAM, les établissements scolaires relevant du ministère de l'Education de base, des Enseignements secondaires, de l'Enseignement professionnel, de l'Enseignement supérieur, (8 universités d'Etat et 250 établissements supérieurs privés, qui venaient d'obtenir un don présidentiel de 500.000 ordinateurs (un par étudiant) et bénéficier d'un recrutement de 2.000 enseignants titulaires d'un doctorat ou d'un PhD, soit, 1.000 en 2019, 500 en 2020 et 500 en 2021.

En ce qui concerne les partis politiques, au nombre de 200 voire plus, seuls ceux qui sont représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat, ont été autorisés à défiler. Il s'agit de l'ANDP d'Ahmadou Moustapha (majorité), du FSNC d'Issa Tchiroma Bakary (majorité), du MDR de Dakolé Daïssala (majorité), de l'UDC du Dr Adamou Ndam Njoya (opposition), de l'UPC du Dr Baléguel Nkot (opposition), de l'UNDP de Bello Bouba Maïgari (majorité), et du RDPC de Paul Biya (majorité).

Le SDF de John Fru Ndi qui est le principal parti d'opposition a refusé de prendre part au défilé à cause de la lenteur que met le pouvoir pour résoudre la crise anglophone (provinces du Nord et du Sud-Ouest), son principal bassin électoral. Le MRC de Maurice Kamto, sorti deuxième à la présidentielle d'octobre, a, lui aussi, refusé de défiler pour des raisons similaires. Son mot d'ordre a été donné de la prison de Kondengui de Yaoundé où il séjourne depuis deux mois.

De manière générale, le défilé de ce 20 mai a montré que le Cameroun est resté résilient bien que considéré comme le pays le plus attaqué au monde, avec quatre fronts à défendre au même moment et sur plusieurs années, à savoir, la Façade maritime au niveau du Golfe de Guinée, la Crise anglophone, l'Est du Cameroun (avec les Séléka et les Anti-Balakas) et l'Extrême-Nord avec Boko Haram. Trois Fronts sont parfaitement maîtrisés. Quant au Front sur la crise anglophone, il est sous contrôle et demande un dialogue pour un total dégel de la situation, dialogue d'ores et déjà promis par le président Paul Biya pour cette année 2019.

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