CEDEAO : L'adhésion du Maroc ne sera-t-elle pas un facteur de blocage de l'organisation ?

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, participera au Sommet de la CEDEAO, des 3 et 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Il viendra juste pour quelques heures, le 4 juin, pour livrer un message de paix et de solidarité et encourager les chefs d'Etat à participer, massivement, au premier Sommet Israël-Afrique que le Togo accueillera, fin octobre prochain. Cette arrivée a, immédiatement, refroidi les ardeurs du roi Mohammed VI (sur notre photo avec le président du Sénégal Macky Sall l'allié de toujours) qui comptait faire sa grande entrée au sein de la CEDEAO, à Monrovia.

Mohammed VI "avait prévu de se rendre les 3 et 4 juin à Monrovia, à l'occasion du 51ème Sommet de la CEDEAO, qui devrait, notamment, examiner" la candidature du Maroc pour adhérer à cette organisation, selon un communiqué des Affaires étrangères publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

Toutefois, au cours des derniers jours, des pays importants de la CEDEAO "ont décidé de réduire au minimum leur niveau de représentation à ce Sommet, en raison de leur désaccord avec l'invitation adressée au premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu", selon le ministère marocain.

Le roi "souhaite que sa première présence à un Sommet de la CEDEAO n'intervienne pas dans un contexte de tension et de controverse, et tient à éviter tout amalgame ou confusion", conclut le communiqué, laissant entendre que le roi ne se rendrait pas au Sommet.

Après son retour réussi au sein de l'Union africaine (UA) début 2017, le Maroc s'est porté candidat pour devenir membre de la CEDEAO, et a développé, en conséquence, ces derniers mois, une intense activité diplomatique en Afrique de l'Ouest pour y parvenir.

Le premier ministre israélien, lui, doit se rendre au Sommet de Monrovia à partir de dimanche, 4 juin, à la tête d'une importante délégation diplomatique et économique.

Après avoir fait la politique de la chaise vide pendant plus de deux décennies, au sein de l'Union africaine (UA), avant d'y revenir tête (presque) basse, le Maroc revient au sein de l'organisation continentale avec ses éternels problèmes. Conséquence, les pays s'affichent comme pro-marocains ou pro-Polisario, ce qui risque de ramener l'UA à l'époque des pays progressistes et des pays modérés. On y est presque. Au sein de la CEDEAO où le Maroc n'est pas encore membre, il arrive à provoquer une polémique du fait de la participation d'un invité spécial. Cela n'augure rien de bon avec les Marocains.

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