CENTRAFRIQUE : Après Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, la procureure de la CPI s'acharne sur Ngaïssona et Yekatom

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a déclaré, jeudi, 18 septembre, vouloir poursuivre pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, deux ex-chefs de milice centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, et Alfred Yekatom, député. A un an de son départ de la CPI, pour fin de mandat, la Gambienne entend garnir son tableau de chasse qui ne compte que du « gibier » africain, ses huit ans à la CPI comme procureure ne lui ayant jamais permis de débusquer aucun sanguinaire européen, américain ou asiatique, ni tueur d'aucune autre région du monde que l'Afrique.

Les deux hommes (sur notre photo Patrice-Edouard Ngaïssona à gauche et Alfred Yekatom à droite), anciens chefs de milice antibalaka, sont accusés par les services de la procureure, de meurtres, viols, actes de torture, mutilations, destruction de biens et de bâtiments religieux, attaques contre des civils et enrôlement d'enfants soldats. Contrairement à ce qu'elle a démontré lors du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, la procureure dispose-t-elle, cette fois, d'un dossier solide pour étayer ses accusations ? Si tel n'est pas le cas, il faudra se résoudre à lui retirer ses diplômes de droit à cause de la grande faiblesse de son professionnalisme.

Ngaïssona et Yekatom sont apparus, jeudi, 19 septembre, devant les juges lors d'une audience dite de confirmation des charges devant la chambre préliminaire de la CPI, en vue d'un éventuel procès. «Cette chambre n'a pas vocation à se prononcer sur la culpabilité des suspects. Elle cherche à déterminer s'il existe des preuves suffisantes» pour justifier l'ouverture d'un procès, a déclaré le juge, Antoine Kesia-Mbe Mindua. Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka, les milices d'autodéfense antibalaka (antimachettes) ont pris les armes, assurant défendre les intérêts des chrétiens face aux exactions des groupes armés musulmans.

Patrice-Edouard Ngaïssona, 52 ans, est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans l'Ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014. «Je n'ai pas d'observations à faire», a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé s'il voulait réentendre la liste des charges formulées par l'accusation.

Alfred Yekatom, 44 ans, surnommé «Rambo» en Centrafrique, a été remis à la Cour pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans la même zone entre décembre 2013 et décembre 2014.

La CPI a, en février, joint les deux affaires afin «d'accroître l'équité et la rapidité de la procédure». Patrice-Edouard Ngaïssona a été interpellé en France en décembre à la suite d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI, qui siège à La Haye. Il est apparu en janvier pour la première fois devant la Cour, deux jours après son extradition.

Il a été précédé par Alfred Yekatom, dont la première comparution devant les juges de la CPI remonte à novembre, une petite semaine après son transfèrement historique vers La Haye, le premier depuis l'ouverture de l'enquête sur le Centrafrique en septembre 2014.

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