CENTRAFRIQUE : Plaidoyer en faveur de la MINUSCA

Le combat mené par la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en Centrafrique) contre les milices rebelles est un combat juste et légitime pour la paix, la protection des droits humains et la restauration de l'Etat.

Il a été reproché à  la MINUSCA de s'opposer un peu trop timidement aux milices déterminées, en se dissimulant derrière le paravent de la religion ou de la défense d'un groupe ethnique (les peuls, par exemple), à poursuivre leurs sinistres actions, s'attaquant aussi bien aux civils qu'aux soldats, multipliant les exactions, les pillages.

Le manque de moyens, le cadre de sa mission, la méconnaissance du terrain n'ont pas toujours permis aux soldats de la MINUSCA d'être aussi offensifs et réactifs qu'on pouvait l'espérer. 

Aujourd'hui, la situation a changé. La MINUSCA  dispose de plus de moyens. On lui reconnait le droit d'affronter militairement les milices au nom d'une efficacité qui est devenue le maître-mot des institutions onusiennes depuis les critiques américaines. 

Lors des affrontements avec la MINUSCA, les groupes armés n'hésitent pas à tirer sur les soldats onusiens et de la FACA (Force armée centrafricaine). 

La MINUSCA tente de contenir les attaques de ces groupes armés en usant de la force.

On peut regretter qu'il faille devoir en arriver à cette extrémité.

Mais, encouragées par l'afflux d'armes et de combattants en provenance principalement du Soudan, les milices continuent de maintenir et d'étendre leur contrôle sur le territoire centrafricain. Par ailleurs, les responsables de milices sont tentés plus que jamais de reprendre leur liberté et de se soustraire à l'accord de paix conclu à Karthoum.

Il est grand temps de "siffler la fin de la partie".

La population centrafricaine est épuisée, meurtrie, excédée, impatiente que les violences cessent (sur notre photo, la MINUSCA et les FACA mènent une opération de sécurisation en faveur d'une femme et ses enfants).

Cela fait plus de sept ans que les milices font régner la terreur et sèment la mort partout dans le pays.

Il faut espérer que la MINUSCA parvienne à vaincre les milices récalcitrantes avant les élections présidentielles, avec le soutien du gouvernement et de la classe politique centrafricaine, ce qui n'a pas toujours été le cas, ces dernières  années. 

Patrick David 
est docteur en droit
Fontenay-aux-roses (France)

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