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CENTRAFRIQUE : Présent à Ouagadougou, Idriss Déby Itno n'a pas pris part à la signature de l'accord de paix à Khartoum

Après un léger flottement au niveau des instances de décision de l'Union africaine (UA), Khartoum a, finalement, abrité, mardi, 5 février, la signature de l'accord de paix entre rebelles et pouvoir, comme c'était prévu dimanche. Principal protagoniste, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, y a participé, de même que son homologue soudanais, Omar el-Béchir. Etait absent, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, qui, au même moment, participe, à Ouagadougou, à la 5e Conférence de la Force G5 Sahel, avec ses homologues du Faso, du Niger, de la Mauritanie et du Mali.

Après dix jours de débat, l'UA a annoncé, samedi, 2 février, que les groupes armés et le gouvernement centrafricain étaient parvenus à un accord. Un accord, véritablement, poussif obtenu après dix jours de négociations ardues.

Le numéro 473 de février du magazine Afrique Education, se demande à juste titre : « Centrafrique : Vers un 3e coup d'état d'Idriss Déby Itno » ? Ce magazine (déjà chez les abonnés) qui, sera en vente chez les marchands de journaux, mercredi, 6 février, accuse, nommément, le président tchadien, Idriss Déby Itno, avec ses soutiens extérieurs cités dans le magazine, de préparer un autre coup d'état en Centrafrique. Ce serait son troisième putsch après ceux perpétrés contre Ange-Félix Patassé en 2003 et François Bozizé en 2013 (voir la couverture du numéro 473 d'Afrique Education). Son absence à la signature de l'accord de paix, à Khartoum, jette le trouble dans son application : c'est le 8e accord du genre depuis les troubles commencés en 2013. Celui-ci sera-t-il plus respecté que les précédents ? On en doute fortement !

Les 14 groupes rebelles signataires de l'accord (qui contrôlent plus de 80% du territoire national) ont demandé la formation d'un gouvernement d'union ainsi que l'amnistie pour leur barbarisme passé. Une requête qui ne va pas sans problème si elle est entièrement appliquée par le président centrafricain. Au niveau de la CPI (Cour pénale internationale), par exemple, on est, résolument, contre toute idée d'amnistie. Et puis, il y a l'épée de Damoclès qui pend sur la tête du Centrafrique avec ce coup d'état que Déby serait en train de préparer avec le concours de certains groupes rebelles pas inconnus à Bangui.

Conclusion : le Centrafrique n'est pas près de sortir de ses difficultés.

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