CENTRAFRIQUE : Vers une impossible tenue de l'élection présidentielle

Pendant que l'opposition demande, carrément, au président, Faustin Archange Touadéra, de favoriser la mise sur pied d'une transition afin de gérer la situation actuelle, les combats reprennent à l'intérieur du pays, et on se demande si l'élection présidentielle prévue fin 2020 pourra se dérouler dans un tel climat de guerre.

De nouveaux affrontements entre groupes armés ont éclaté, tôt, lundi, 14 octobre, dans la localité centrafricaine d'Am Dafock, à 66 kilomètres à l'Est de la ville de Birao (extrême Nord-Est), tout près de la frontière avec le Soudan.

D'après cette source, les deux parties sont d'un côté, des activistes du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) d'Abakar Sabone, un ancien ministre de François Bozizé et proche du pouvoir tchadien d'Idriss Déby Itno, et de l'autre, ceux du Front populaire pour la renaissance du Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam, lui aussi, proche du pouvoir tchadien.

Pour l'heure, selon la source, il est difficile d'établir un bilan exhaustif, à cause de l'intensité des combats et de l'interruption du réseau téléphonique local.

Les deux groupes armés en question sont pourtant tous deux signataires de l'Accord de paix longuement négocié à Khartoum et ratifié à Bangui le 6 février dernier. Mais, la façon dont cet Accord est appliqué par Bangui pousse de plus en plus de miliciens à rejoindre le général (patassiste), Abdoulaye Miskine. Ce mouvement de ralliement est favorisé par Abakar Sabone qui a le profil de la fonction : c'est un proche de l'ancien président, Michel Djotodia, donc, il n'est pas un inconnu pour les miliciens, qui s'estiment, aujourd'hui, trahis par leurs différents commandants militaires entretenus à Bangui par le pouvoir. Conséquence : on assiste à un regroupement des dites forces de la base sous la direction de Miskine, regroupement qui va rendre la vie difficile à Faustin Archange Touadéra dans les prochaines semaines (sur notre photo Abakar Sabone avec le général Abdoulaye Miskine).

Déjà, les affrontements qui avaient éclaté à Am Dafock, en juillet dernier, s'étaient transposés au centre de Birao à l'Ouest, poussant plus de 16.000 personnes à se retrouver brusquement déplacées. Des soucis pour le gouvernement dans la mesure où il avait fallu prendre les 16.000 personnes en charge.

Il est clair que dans de telles conditions où il est impossible de faire campagne à l'intérieur du pays confisqué par différents groupes rebelles dont le caractère hostile ne fait aucun doute bien qu'ils aient signé l'Accord de paix, il sera très difficile d'organiser une élection présidentielle et faire campagne sur l'ensemble du territoire comme le suggère la loi.

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