Vous êtes ici

CENTRAFRIQUE : Vers une levée de l'embargo sur les armes avant la fin de l'année

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, mardi, 9 avril, à l'unanimité, une déclaration établissant des critères vers une possible levée, d'ici la fin de l'année, de l'embargo sur les armes imposé au Centrafrique depuis 2013. C'est une bonne nouvelle pour ce pays. Mais, sans se cacher la face, la Russie, grâce à sa forte implication dans la résolution de la crise centrafricaine, cs derniers mois, a beaucoup aidé pour faire fléchir la position de certains membres permanents du Conseil de sécurité, comme les Etats-Unis, qui, jusqu'à il y a peu de temps encore, ne voulaient pas entendre parler de la levée de cet embargo.

Pourtant, cette levée est demandée, depuis longtemps, par les autorités de Bangui, qui affirment que l'embargo les empêche de lutter, efficacement, contre les groupes armés toujours actifs dans la majeure partie du pays. En effet, plus de 80% du territoire national est occupé par une quinzaine de rébellions et de groupes armés.

Les critères relevés par les Nations-Unies vont de la nécessité de progrès dans la mise en oeuvre du programme gouvernemental de désarmement et de réintégration d'anciens combattants, à l'établissement d'un protocole pour la collecte et la destruction d'armes pour éviter leur dissémination, en passant notamment par la création d'un document de planification détaillant les besoins en matière de gestion des armes et des munitions. Autant dire que la tâche est immense mais pas insurmontable. Surtout avec les experts russes à portée de main.

En fonction des avancées réalisées dans ces domaines, "le Conseil de sécurité est prêt à revoir l'embargo sur les armes imposé au gouvernement centrafricain via une suspension ou une levée progressive de ses mesures", précise la déclaration rédigée par la France.

Un rapport est demandé à cet égard au Centrafrique fin juin. Sur cette base, le secrétaire général de l'ONU devra, ensuite, remettre une évaluation des progrès au Conseil fin juillet. Le Conseil de sécurité décidera, au plus tard, le 30 septembre d'alléger ou non l'embargo sur les armes, précise la déclaration.

Selon une source diplomatique, une éventuelle levée de l'embargo, qui ne concernera que certains types d'armes, pourrait se traduire à l'avenir par l'obligation pour le gouvernement centrafricain d'une notification à l'ONU lors de ses acquisitions ou réceptions de dons.

Depuis 2013, l'embargo sur les armes est total mais a bénéficié, depuis 2017, de quelques exemptions accordées par l'ONU, notamment, à la Russie et à la France, pour équiper des unités de l'armée centrafricaine en voie de reconstitution (sur notre photo, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou signe un accord militaire avec son homologue centrafricaine Marie-Noëlle Koyara à Moscou en août 2018).

L'ONU maintient en Centrafrique une force de paix de quelque 13.000 militaires et policiers.

Début février, Bangui a conclu un accord de paix avec quatorze groupes armés qui a débouché sur la formation d'un nouveau gouvernement fin mars incluant des représentants de ces groupes. C'est le huitième accord du genre depuis le déclenchement des hostilités en 2013. A Bangui, on croise les doigts pour qu'il tienne.

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.