CHARNIERS EN MAURITANIE : Le Collectif des Veuves demande (sans succès) que la lumière soit faite

Depuis quelques jours, la presse privée mauritanienne se fait l'écho de la découverte d'ossements humains dans une fosse commune à quelques kilomètres de l'arrondissement de Choum, dans la Wilaya de l'Adrar. Les médias ont indiqué que les ossements seraient ceux de quinze personnes dont certaines semblaient avoir été ligotées. Qui est à l'origine de cette barbarie ? Dans le système vertical du président, Mohamed Ould Abdel Aziz, les décisions viennent du sommet de l'Etat. Est-ce la raison du silence de cathédrale des autorités de Nouakchott ? Toujours est-il que le Collectif des Veuves que dirige Houlèye Samba Sall s'insurge, fortement, contre cette attitude silencieuse et très indifférente des autorités mauritaniennes, face à la douleur des parents des victimes concernées. Elle s'indigne à très haute voix et demande la lumière, toute la lumière, sur ces charniers, directement au général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, l'homme qui décide de tout en Mauritanie.

Cette découverte macabre serait intervenue depuis fin février et à ce jour, les autorités mauritaniennes n'ont fourni la moindre information à ce sujet. Bien au contraire, elles auraient interdit l'accès à la zone. D'où la réaction très indignée de Houlèye Samba Tall du Collectif des Veuves que voici :

« C'est avec beaucoup de peine que nous avons appris ces révélations, nous dont les maris, les frères ou fils avaient été assassinés et enterrés à la va-vite dans des fosses communes à travers le pays. Ces révélations, comme on peut l'imaginer, raniment notre douleur et attisent notre soif de justice.

Nous avons le pressentiment que ces ossements sont ceux des nôtres et notre colère gronde face à ce mutisme coupable. Nous sommes sûres de l'existence d'autres fosses communes dispersées dans tout le territoire national àInal, Azlat, Ireida, Tiguent, Akjoujt... que la terre finira un jour par exhiber.

Ces révélations devraient nous donner le courage d'ouvrir les yeux face au passif humanitaire et nous rendre compte que le 25 mars décrété précipitamment par le pouvoir, la journée de la réconciliation, ne serait une réalité que lorsque la justice sera rendue.

Le Collectif des Veuves tient à exprimer à travers la présente déclaration toute son indignation devant le silence des autorités, exige toute la lumière sur ces dernières révélations et réclame de manière encore plus forte ses droits à la vérité et à la justice ».

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