CHINE-ISRAEL : Mort suspecte de l’ambassadeur de Chine à Tel Aviv (après seulement trois mois en poste)

S'agit-il d'une mort suspecte ou d'une mort naturelle ? La question se pose, avec vigueur, dans la mesure où le nouvel ambassadeur de Chine à Tel Aviv, Du Wei, n'était pas malade, n'était pas toxicomane, et n'avait, a priori, rien, qui pouvait penser qu'il allait être retrouvé mort dans sa résidence à Tel Aviv. Une ville qu'il était, d'ailleurs, en train de découvrir puisqu'il n'était en poste que depuis trois mois. A 57 ans, il a, donc, été retrouvé mort dans sa résidence ce dimanche 17 mai, laissant Pékin sans voix. Sacrifié sur l'autel de la compétition sino-américaine ? On sait une chose : les Chinois qui cultivent le mystère, le secret et la ruse, conditions sine qua non pour être un bon diplomate, doivent savoir le pourquoi de cette mort, alors que la guerre avec l'administration Trump bat son plein. Une enquête, dit-on, est en cours pour déterminer les circonstances de son décès. Vraiment ? Il est fort probable qu'on n'en sache jamais rien de celle-ci.

Tel Aviv n'est ni Abidjan, ni Bamako, ni Nairobi, ni aucune autre capitale africaine. En d'autres termes, les Chinois peuvent se permettre de ruser en Afrique (comme ils sont passés maîtres dans l'exercice) sans avoir à rendre des comptes à personne, les dirigeants africains, dans la majorité, étant devenus prisonniers de leur porte-monnaie. Mais, si c'est malheureusement le cas en Afrique, cela ne se passe pas ailleurs. Surtout pas dans le pays qui abrite le service d'espionnage (le Mossad), le plus efficace du monde, devançant même le KGB russe. La diplomatie étant l'art de la dissimulation, on ajoute, à malin malin et demi.

Du Wei est entré en fonction en février, pour être retrouvé mort dans sa résidence à Herzliya, ville huppée près de la métropole Tel-Aviv, ce dimanche, 17 mai. Les Services israéliens parlent d'«insuffisance cardiaque » parce qu'il n'a pas été violenté. 

Précédemment, il avait été ambassadeur en Ukraine, avant de prendre ses fonctions en Israël, selon sa biographie sur le site de l’ambassade.

Chose non anodine (bien que cela ne prouve absolument rien) : son décès intervient quelques jours après la visite, à Jérusalem, du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, qui a exhorté Israël, allié des Etats-Unis, dans tout et pour tout (au point qu'on a parfois ironisé en considérant l'Etat hébreu comme le 51e Etat américain) à limiter les investissements chinois dans des secteurs stratégiques sur son sol.

Les Etats-Unis ont accusé la Chine de camoufler des informations sur la pandémie de Covid-19 et de chercher à pirater des recherches sur un vaccin dont la mise en service a été annoncée vers la fin de cette année par Donald Trump.

Dans une tribune publiée dans le quotidien, Jerusalem Post, le porte-parole de l’ambassade chinoise à Tel-Aviv, Wang Yongjun, a écrit que Mike Pompeo n’avait offert aucune preuve quant aux risques sécuritaires liés aux investissements chinois en Israël. La réponse du berger à la bergère. Cela dit, personne ne lie cette tribune à la mort du diplomate chinois en Israël. Mais, les Chinois sont en droit de demander de sérieuses explications à Benyamin Netanyahu dont le gouvernement doit être publié ce dimanche.

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