COLONISATION FRANCAISE : Le nouveau président Abdelmadjid Tebboune attend des excuses de Paris

Estimant qu’Emmanuel Macron était « quelqu’un de très honnête » susceptible de contribuer à un climat d’apaisement, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré, samedi, 4 juillet, attendre des excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie. A la chaîne de TV, France 24, sur d’éventuelles excuses de Paris, il a répondu : « On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite ». Tout est dit ! Les propos du chef de l'Etat algérien auraient pu être prononcés par n'importe quel autre chef d'Etat d'Afrique noire francophone. Autant dire que le problème du passé colonial français en Afrique est très sérieux et conditionne l'image de la France en Afrique et les relations véritables que ce pays devra avoir avec ses anciennes colonies. En évitant cette question ou en disant que c'est du passé, les élites françaises qui tiennent ce langage, ne rendent pas service aux deux parties et ne font que repousser un éventuel partenariat véritable (égal égal et gagnant gagnant), à la fois, sain et mutuellement bénéfique entre la France et les pays africains concernés.

« Cela va permettre d’apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, pour des relations culturelles, pour des relations de voisinage », a affirmé le président algérien, en rappelant que plus de six millions d’Algériens vivent en France et qu’ils « peuvent emmener quelque chose là-bas et ici ».

La France a fait un geste d’apaisement en matière de mémoire en restituant, vendredi, 3 juillet, les restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française au XIXe siècle.

Cette restitution offre une détente dans les relations entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale, marquées depuis l’indépendance en 1962 par des polémiques récurrentes et des crispations.

« Je trouve qu’avec le président Macron nous pouvons aller loin dans l’apaisement, dans le règlement du problème de la mémoire », estime le président Tebboune. « C’est quelqu’un de très honnête, qui veut apaiser la situation (..) et permettre à nos relations de retrouver leur niveau naturel », a-t-il poursuivi, le qualifiant aussi de « très sincère », « très propre du point de vue historique ».

Lors d’une visite à Alger en décembre 2017, le président français, Emmanuel Macron, s’était engagé à restituer les restes humains algériens entreposés au Musée de l’Homme. La même année, mais, avant son élection, il avait qualifié, à Alger, la colonisation de l’Algérie de « crime contre l’humanité ».

La question mémorielle reste au cœur des relations volatiles entre la France et l’Algérie, de façon générale, avec l'Afrique francophone, où la perception est que la France ne fait pas assez pour solder son passé colonial. La France, pour certains, feraient même preuve de mauvaise foi.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires