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COMORES-FRANCE : Toujours main dans la main mais selon un tempo impulsé par Moroni

Azali Assoumani est un chef d'Etat disponible et constant dans l'amitié. Il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait. Son programme présidentiel plébiscité par les Comoriens, en avril dernier, fait une large place à la France, l'alliée traditionnelle de toujours. Mais cela ne veut pas dire que les Comores seraient à la remorque de l'ancienne puissance colonisatrice. Le partenariat franco-comorien doit être gagnant-gagnant, dans un souci d'égalité et de solidarité. Sortir de ce cadre, conduirait, incontestablement, à des blocages.

La délégation française reçue, vendredi, 17 février, par le chef de l'Etat, s'en est rendu compte, après avoir, inopportunément, cherché à faire, en fonction de son rythme, de son propre tempo, alors que le nouveau pouvoir est loin de voir la relation ainsi. Conduite par Jean-Jack Queyranne, émissaire spécial du président français, François Hollande (sa photo avec Azali Assoumani en octobre 2016 à l'Elysée), elle était composée de treize autres personnes dont les préfets de Mayotte et de la Réunion, deux responsables français qui donnent des insomnies aux Comoriens, notamment, sur des questions de visas et de permis de séjour dans leurs deux unités administratives.

Ancien ambassadeur de France aux Comores et actuel délégué à la Coopération dans la zone Océan Indien, Luc Hallade, a, lui, été reçu par le chef de l'Etat, aux côtés de Jean-Jack Queyranne.
La question de Mayotte est au centre du différend entre les Comores et la France. Le président, Azali Assoumani, et la grande majorité des Comoriens considèrent Mayotte comme partie intégrante des Comores. Il n'était, donc, pas logique ni convenable, dans ces conditions, de recevoir le préfet (français) de Mayotte. C'était reconnaître l'appartenance de Mayotte dans le giron France alors que les autorités comoriennes négocient avec les Français pour que leur île leur soit restituée. Ce dossier de Mayotte a été porté aux Nations-Unies par les Comores car il s'agit d'une question de décolonisation pure et simple où la France, malgré son poids diplomatique, ne compte pas beaucoup de soutiens pour son fait accompli.

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