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COMORES : La notabilité réunie à Dzahani pour condamner la culture de l'insolence d'une certaine classe politique

Il faut éviter tout débordement à quelques jours de la tenue du très important référendum du 30 juillet prochain. Les esprits s'échauffent poussant certains protagonistes à faire usage de moyens violents et non conventionnels alors qu'il s'agit d'un exercice purement démocratique. C'est pourquoi le président du Conseil de la Commission de l'Océan indien (COI) a condamné, mercredi, 25 juillet, « avec la plus grande fermeté l'agression dont a été victime le vice-président, Abdou Moustoïdrane, à Anjouan ». Rien, en effet, ne peut justifier de tels agissements qui discréditent seulement leurs auteurs et visent à créer les conditions d'une tension contraire aux intérêts du pays et de toute l'Indianocéanie, a rappelé la COI. C'est la raison pour laquelle la notabilité (comorienne) souhaite, rapidement, le retour de la sagesse qui a, toujours, prévalu chez les Comoriens, généralement, unis autour des valeurs essentielles comme la paix, la solidarité et le vivre-ensemble.

Le président du Conseil de la Commission de l'Océan indien (COI) a adressé au vice-président, Abdou Moustoïdrane, l'assurance de sa solidarité et souhaité que le peuple comorien puisse, dans l'apaisement, retrouver les voies du dialogue démocratique afin de préserver le consensus indispensable à la paix et à la stabilité de l'Union des Comores.

On peut dire que l'appel du président de la COI a été reçu 5/5 car ce jeudi, 26 juillet, la notabilité s'est réunie, à Dzahani, pour condamner la culture de la violence et de l'insolence véhiculée, depuis quelque temps, par une certaine classe politique. Une classe politique qui diffuse un discours vulgaire au mépris du Code de conduite du Mila Namtsi (us et coutumes du pays), dans un pays riche par sa stabilité, son islam de tolérance de rite sunnite. Cette réunion a rassemblé des grands notables comme Abdou Anziz de la région de Oichili, Moindjie de Mitszmioyli, et surtout, Cheikh Ahmed d'Ikoni, Ikoni, à titre de rappel, est la capitale traditionnelle des Comores.

A l'issue de ce rassemblement (notre photo), les propos tenus par la notabilité ont été rendus publics :

« Nous avons le devoir de protéger cette richesse devenue bien rare dans le monde d'aujourd'hui. Nous ne pouvons pas nous battre en usant de la force contre cette culture de l'insolence. Nous ne pouvons que la dénoncer et la condamner. Le notable défend par essence le bien. C'est pour cela que la notabilité doit faire la promotion de la paix et que les élections de lundi (30 juillet) se passent dans de bonnes conditions. La notabilité interpelle les hommes politiques devant la politique de la chaise vide, qui n'est pas responsable. La notabilité appelle la classe politique à se ressaisir et à se retrouver autour d'une table pour l'intérêt supérieur de notre pays. Les responsables de nos villes et villages doivent prendre leurs responsabilités devant ces radios Mille Collines qui prônent la haine et la culture de l'impolitesse et l'insolence. On peut aimer ou ne pas aimer le président Azali, mais, on ne peut pas ne pas être d'accord sur le fait que ce pays n'a pas bien fonctionné en 43 ans d'indépendance. Et aujourd'hui, cette nouvelle réforme (constitutionnelle) est bien pour au moins 2 ou 3 choses dont la lutte contre l'hypocrisie politique et le changement de veste au gré du vent. Donc, ce projet consacre la fidélité en politique et les partis doivent avoir un caractère national. Ensuite, le détournement des deniers publics. La notabilité a démissionné dans ses responsabilités et il lui appartient de s'approprier la chose politique pour protéger les grandes valeurs sociales de notre pays ».

« Ce que nous faisons et ferons, a poursuivi la notabilité, ce n'est pas pour nous car nous sommes le passé. Nous le faisons pour les générations futures, alors, mobilisons nous pour la paix dans notre pays. La notabilité condamne cette classe politique qui a instrumentalisé des jeunes désoeuvrés en leur fournissant des boissons alcoolisées pour insulter des gens dans les radios Mille Collines ».

La notabilité a conclu sa réunion par une dénonciation : « La politique du ventre pousse certains à se prostituer politiquement. Nous sommes un certain nombre qui ne sommes pas avec Azali, mais l'honnêteté intellectuelle nous oblige à saluer ce qu'il fait de bien pour notre pays. Ce pays a eu une classe politique qui s'est combattue politiquement dans le respect de leurs noms et images. Aujourd'hui, la classe politique, théoriquement, plus cultivée, a mis de côté les valeurs qui ont fait le ciment de cette société comorienne ». Et c'est regrettable.

D'un de nos envoyés spéciaux
à Dhahani (Comores)

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