CONGO-BRAZZAVILLE : L'épouse du prisonnier politique Paulin Makaya demande la libération de son mari

On sait que le cœur du dictateur ne bat que pour les membres de sa famille et de son seul clan. Pour le reste, il affiche un cœur de pierre. Parlant du cas de Paulin Makaya, le président de l'UPC et ex-directeur de cabinet de Bernard Kolelas quand il était maire de Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso s'est donné des raisons pour bien le maltraiter. Il aurait même planifié son assassinat après avoir ouvert les portes de sa cellule à dessein afin qu'il prenne la poudre d'escampette (notre photo montrant Paulin Makaya dans sa cellule). Un piège que Paulin évita soigneusement. Voilà pourquoi il est, toujours, en vie. Quand il résidait à Londres, Sassou-Nguesso, dans sa classique politique de diviser l'opposition pour mieux régner sur le Congo, lui avait demandé de retourner au Congo afin qu'il lui confie des responsabilités politiques comme il l'a fait pour ses frères proches de feu Bernard Kolelas, ancien président du MCDDI. En effet, c'est cette main tendue qui avait permis à Guy Brice Parfait Kolelas, puis, à son frère Euloge Landry Kolelas, mais aussi, à Hellot Matson Mampouya, de figurer dans le gouvernement. Paulin, qui est, idéologiquement, bien bâti résista à cette offre satanique et refusa de rallier Brazzaville, même quand le dictateur, pour mieux l'appâter, lui promit, contrairement, aux trois autres kolelistes, un poste de ministre d'Etat. Défié de cette sorte par un « vierge » en politique (Paulin Makaya), outre son expérience acquise aux côtés de Bernard Kolelas (avec qui il chemina en exil au Bénin, en Côte d'Ivoire, puis, au Mali), Sassou lui garda une rancune bien tenace. Son arrestation suivie de son incarcération en décembre 2016 pour une soi-disant atteinte à la sûreté de l'Etat et possession d'armes de guerre, ne vaut que pour des régimes staliniens comme celui de Brazzaville. Paulin Makaya comme hier son maître à penser Bernard Kolelas, ne sait pas se servir d'une arme. Son arme, c'est la parole, c'est l'écriture, qui soulèvent les foules chaque fois qu'il fait appel au peuple de l'opposition pour protester contre la dictature de Sassou-Nguesso.

« Le 29 décembre 2016, alors que mon mari était allé vers le chef du détachement de la gendarmerie en poste, conformément, au règlement intérieur de la Maison d'arrêt centrale de Brazzaville, pour avoir de plus amples explications inhérentes à l'arrestation de ses collaborateurs en visite, interpellés, arrêtés, puis, séquestrés sans motif valable par les éléments de la gendarmerie obéissant aux ordres du directeur de la Maison d'arrêt centrale de Brazzaville, Mr Oba Apounout, cela lui a valu une détention arbitraire jusqu'à ce jour, puisqu'il a purgé sa peine de deux ans d'emprisonnement ferme depuis le 1er décembre 2017 » (date à laquelle il aurait dû sortir de prison, ndlr), rappelle Christine Makaya, montrant, clairement, l'abus du pouvoir dont le régime a usé pour incarcérer son époux. L'explication de Christine prouve bien que le Congo-Brazzaville est un Etat de non-droit, pire, une dictature où Sassou-Nguesso a le droit de vie et de mort sur les Congolais. Il suffit qu'un Congolais comme Paulin Makaya lui dise Non pour qu'il se retrouve en prison, pendant deux ans. Et quand bien même il épuise ses deux ans d'emprisonnement et demande à sortir, le régime lui colle d'autres motifs fallacieux pour le retenir dans sa cellule. C'est le cas de Paulin qui aurait dû recouvrer sa liberté en décembre dernier. Il croupit toujours dans les geôles de Sassou pour lui avoir dit Non.

Christine Makaya lance un cri de cœur d'une épouse séparée de son mari sans réel motif. Même si son appel (elle le sait) sera sans lendemain, elle a le mérite de le lancer pour faire connaître sa détresse. Dans quel état se serait trouvée Antoinette Sassou-Nguesso si son époux était incarcéré, dans les mêmes conditions, depuis plus de deux ans, pour ses innombrables crimes ? La comparaison est transposable car il n'est pas exclu que ce qui arrive aujourd'hui à Christine Makaya arrive demain à Antoinette Sassou-Nguesso. Peut-être, devrait-elle attirer l'attention de son mari afin que l'injustice qui frappe le couple Makaya cesse. Une telle initiative sera à son honneur.

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