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CONGO-KINSHASA : Tshisekedi prêt à rentrer pour participer au dialogue avec le pouvoir

Le parti d'opposition historique en République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, vendredi, 13 novembre, que son vieux chef, Etienne Tshisekedi, était prêt à rentrer au pays, pour participer au "dialogue national" en vue d'"élections apaisées" voulu par le président, Joseph Kabila.

A un peu plus de 13 mois de la fin du mandat de Joseph Kabila, à qui la constitution interdit (formellement) de se représenter, l’Eglise catholique, qui a joué un rôle majeur dans l'ouverture démocratique du début de la décennie 1990, a appelé, vendredi, tous ceux qui prendraient part à cette table ronde au "respect absolu" de la constitution.

Octogénaire, Etienne Tshisekedi est en convalescence, à Bruxelles, depuis août 2014. Il "conditionne son retour au pays à la fixation de la date du dialogue", et est prêt à y participer s'il se tient "sous l'égide de la communauté internationale", a déclaré Bruno Tshibala, porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Tshisekedi, de retour à Kinshasa, après un séjour à Bruxelles.

L'UDPS avait fait de cette médiation internationale une condition à sa présence au "dialogue national" dès le début des consultations entamées en juin par le chef de l'Etat, en vue de rassembler le plus largement possible, pour une table ronde sur l'organisation et du financement des élections à venir.

En septembre, cependant, un communiqué d'Etienne Tshisekedi avait annoncé l'"échec" des discussions avec le pouvoir sur les modalités de la participation de l'UDPS.

Joseph Kabila a fait part, lundi, 9 novembre, aux diplomates accrédités, à Kinshasa, et aux élus du parlement, de sa volonté de convoquer le "dialogue national". Selon plusieurs élus, le président a assuré qu'il restait "ouvert à une médiation étrangère".

Opposant au régime du maréchal Mobutu (1965-1997), M. Tshisekedi a été le rival malheureux de M. Kabila à la présidentielle de 2011, dont il n'a jamais reconnu les résultats, allant jusqu'à se proclamer "président élu" de la RDC, et à dénier toute légitimité à M. Kabila.

La participation de M. Tshisekedi et de l'UDPS - premier parti de l'opposition à l'issue des élections de 2011 - au "dialogue" voulu par M. Kabila serait un atout politique majeur pour ce dernier, alors que le reste de l'opposition rejette, majoritairement, l'idée de ces discussions, qu'elle voit comme une manœuvre dilatoire du président pour se maintenir en poste au-delà de décembre 2016.

Le scénario est, cependant, loin d'être écrit. L'état de santé de M. Tshisekedi reste sujet à caution. Il faut aussi que l'UDPS et le pouvoir s'entendent sur l'identité du médiateur étranger. Cela dit, cette étape peut être, facilement, surmontée.
Selon le conseiller politique de M. Tshisekedi, celui-ci "ne sera jamais présent à ce dialogue", si "ce dialogue tel que conçu par M. Kabila c'est (...) pour se maintenir au pouvoir", a-t-il ajouté. Ca ne passera pas.

Joseph Kabila dirige la RDC depuis 2001. Le pays traverse une crise politique profonde depuis les élections de 2011. En janvier, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, lors d'émeutes, contre le pouvoir à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays.

Depuis septembre, l'incertitude règne sur la tenue de la présidentielle après l'invalidation du calendrier électoral par la Cour constitutionnelle.

Un des enjeux majeurs pour parvenir aux élections libres et transparentes, dans le respect des délais constitutionnels pour lesquelles le Conseil de sécurité de l'ONU a de nouveau plaidé cette semaine, est la question de la révision du fichier électoral hérité des élections de 2011 et de l'"enrôlement" sur les listes électorales de tous les Congolais devenus majeurs depuis lors.

Jeudi, André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, a déclaré qu'un "recensement général de la population" risquait de s'imposer pour l'obtention d'un fichier électoral fiable. Selon plusieurs experts, un tel décompte des habitants pourrait prendre plusieurs mois, voire, plusieurs années, dans un pays parmi les plus grands et les moins développés au monde. On n'en est pas là. Et compte tenu de l'urgence du calendrier (novembre 2016), on peut s'accorder sur des solutions plus courtes et consensuelles. Ce sera au médiateur d'aider à rapprocher les deux camps.

Dans son message de vendredi, la Conférence des évêques catholiques du Congo (Cenco, voir notre photo lors de sa visite à Tshisekedi en 2012) a rappelé "son point de vue" sur la nécessité que soient respectés "les délais constitutionnels concernant l'organisation des scrutins". Le Conseil de sécurité avait dit, exactement, la même chose cette semaine. Pour sa bonne sortie politique saluée par la RDC, l'Afrique et la communauté internationale, Joseph Kabila (qui pourra toujours revenir au pouvoir car il est encore jeune), doit oeuvrer pour le succès d'une telle démarche, en y donnant du sien, même si, dans son camp politique, il existe quelques caciques qui favorisent leur propre intérêt au détriment de celui du peuple et des institutions. On n'attend plus que la nomination du médiateur pour que le dialogue puisse démarrer, si possible, avant fin novembre 2015.

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