COTE D'IVOIRE : Alassane Ouattara et la « réconciliation » à la sauve qui peut

Raison pour laquelle il essaie de jouer sur plusieurs tableaux, quand il ne fait pas feu de tout bois. Attraper la bouée de sauvetage qui se présente, devient son sport favori. Car le temps passe et ses succès (économiques) d'hier vont, inexorablement, se transformer, demain, en de gros échecs de ses deux quinquennats. Le dossier des accusations est volumineux : tribalisme exacerbé, népotisme à outrance, favoritisme décomplexé (le budget annuel de la première dame s'élève à 300 milliards de F CFA -600 millions de dollars- alors qu'elle n'est nullement une institution de la République), rattrapage ethnique (des postes juteux au profit des Nordistes, parents du président), investissements massifs dans le pays favorisant les rétrocommissions pour les seuls proches du chef de l'Etat, etc. La coupe est pleine au point où l'opposition ( ou ce qui en tient lieu car elle est très divisée ) n'a plus de voix pour contester ou dénoncer quoi que ce soit. Elle est tout simplement inaudible. Les rares fois où elle a élevé le ton, Ouattara a brandi ses réalisations (qui parlent bien) mais à quel coût ! Il a réussi l'exploit de faire annuler la presque totalité de la dette trouvée quand il est arrivé au pouvoir, mais, il a immédiatement réendetté la Côte d'Ivoire. Avec la crise financière actuelle que lui, l'ex-grand banquier de Bretton Woods n'a pas vu venir, la Côte d'Ivoire est en train de terriblement souffrir. A un moment où les revendications socio-politiques compliquent la situation.

La visite de l'ancien premier ministre, Jeannot Kouadio, au Cameroun, depuis hier, est le signe qu'il essaie de tout faire pour calmer la révolte socio-politique qui est latente. Car avec l'implosion du RHDP, les mécontentements ne se cantonnent plus dans la seule opposition. Ils ont, notoirement, atteint la majorité au pouvoir, même si, officiellement, le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, fait, encore, le sage. Mais sa base, très en colère, peut l'emporter, ce qui déstabiliserait tout le dispositif d'Alassane Ouattara.

Jeannot Kouadio a, donc, très bien été reçu, hier, à Douala, au Cameroun par plusieurs ministres dont celui des Affaires étrangères, Lejeune Mbella Mbella. Arrivé à Douala (au départ d'Abidjan) à bord d'un avion spécial, il a rencontré, ce lundi, 8 mai, en fin de matinée, le président du Sénat, Marcel Niat, qui devrait lui faire part de la petite expérience camerounaise dans la gestion d'un Sénat. En effet, Alassane Ouattara, avant la fin de son quinquennat tient, absolument, à créer un Sénat où il compte caser quelques mécontents qui pourraient rendre sa retraite agitée. La réconciliation quant à elle, (les Ivoiriens l'ont compris) ne pourra se faire qu'avec des hommes neufs, totalement, différents de Gbagbo, Bédié et Ouattara, et leur entourage immédiat.

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