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COTE D'IVOIRE : Décès du célèbre écrivain Bernard Dadié

Classique parmi les classiques de la littérature africaine, Bernard Dadié était de la trempe des Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et Cheikh Hamidou Kane (Sénégal), Amadou Hampâté Ba (Mali), Camara Laye (Guinée), Mongo Beti (Cameroun) et quelques autres, inscrits dans les programmes africains depuis l'adoption d'une certaine africanisation des enseignements de littérature en Afrique. Ils partent tous. Ou sont en train de tous partir. Reste en vie Olympe Bhêly Quénum (Bénin) dont l'âge est très avancé mais qui tient encore bien en place. Bernard Dadié était, donc, l'un des derniers mohicans de la littérature africaine, cette littérature qui a accompagné l'indépendance des pays africains et participé à la lutte contre la néo-colonisation. Bernard Dadié, par exemple, était un anti-colonialiste primaire, tel qu'on n'en trouve plus dans l'univers des écrivains africains, aujourd'hui, dont l'objectif principal est de se mondialiser au maximum pour pouvoir vendre leurs œuvres à l'international.

Mort, samedi, 9 mars, à 103 ans, père de la littérature ivoirienne, l'écrivain Bernard Dadié, était un homme engagé et auteur d'une œuvre prolifique dans laquelle il a abordé tous les genres. On n'en dira pas plus. Son petit-frère et ami, le professeur, Jean-Claude Djereke, qui enseigne la littérature africaine à l'Université américaine de Temple, ira, certainement, au-delà cette semaine. Ajoutons juste que "La Côte d'Ivoire vient de perdre son plus grand écrivain", l'expression étant du ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, du gouvernement Alassane Ouattara que combattait, activement, le célèbre disparu.

Bernard Dadié a abordé tous les genres littéraires : poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et, surtout, théâtre.

"Ecrire est, pour moi, un désir d'écarter les ténèbres, un désir d'ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde", avait déclaré l'écrivain, en recevant, en 2016, le premier prix Jaime Torres Bodet de l'Unesco.

Né en 1916 à Assinie (Sud-Est de la Côte d'Ivoire), il se fait connaître dès 1934 avec une pièce de théâtre satirique, "Les Villes".

En 1950, il publie un recueil de poèmes engagés, "Afrique debout !" qui dénonce les relations de domination entre Blancs et Noirs dans l'Afrique coloniale.

Son autobiographie romancée, "Climbié", parue en 1952, est, sans doute, son oeuvre la plus célèbre, également, très critique vis-à-vis du colonialisme. En 1980, son roman "Les jambes du fils de Dieu" (1980) remporte, aussi, un franc succès.

Bernard Dadié a reçu, deux fois, le grand prix littéraire d'Afrique noire avec "Patron de New York" (1965) et "La ville où nul ne meurt" (1968).

Homme engagé, Bernard Dadié fut, aussi, journaliste, homme politique et militant pour l'indépendance de la Côte d'Ivoire (colonie française jusqu'en 1960).

Cet engagement au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) lui vaudra un séjour d'un an en prison, entre 1949 et 1950.

Après l'indépendance, il a été de 1977 à 1986 le ministre de la Culture du premier président ivoirien et père de la nation, Félix Houphouët-Boigny.

"Bernard Binlin Dadié est l'écrivain le plus fécond de la littérature néo-africaine (...) et avec Léopold Sédar Senghor, le plus traduit", selon Nicole Vincileoni, universitaire et auteure d'un ouvrage d'analyse de référence sur son oeuvre.

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