COTE D'IVOIRE : Important vol d'armes et de munitions lors de l'opération commando à l'Ecole de police

Que les masques tombent. Et les masques tombèrent ! A trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat, à la tête de la Côte d'Ivoire, le président, Alassane Ouattara, sort le grand jeu. Pour cela, il aura fallu que les anciens rebelles devenus soldats des FANCI ou démobilisés, sortent leurs armes, pour revendiquer ce qui leur avait été promis pendant la rébellion, et que le président ne voulait plus donner. Il a fallu, d'autre part, que le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, hausse le ton en se montrant mécontent de l'alliance au sein du RHDP qui profite au seul RDR. Il y a enfin eu la fermeté de Guillaume Soro qui est le principal dindon de cette farce politique dont les principaux bénéficiaires semblent être l'actuel premier ministre, Amadou Gon Coulibaly et le nouveau ministre d'Etat à la Défense, Hamed Bakayoko.

Afriqueeducation.com a donc bien informé les internautes ivoiriens et africains de ce qui se trame en Côte d'Ivoire depuis les mutineries de mai dernier. Et ce n'est que le début d'un processus qui va connaître d'autres rebondissements. Car Bakayoko (sur notre photo main dans la main avec son mentor Ouattara) ou pas à la Défense, les soldats ne vont pas s'en laisser compter. D'ailleurs, un important vol d'armes a eu lieu, hier à l'Ecole de police, par des militaires venus de l'extérieur qui ont littéralement vider la poudrière de l'établissement. On croit savoir que ces armes ne vont pas servir à chasser le gibier dans la Forêt du Banco. Et si Hamed Bakayoko quitte le ministère de l'Intérieur pour celui de la Défense, avec les pleins pouvoirs de Ouattara, c'est bien pour marquer Guillaume Soro à la culotte. Le président de la République s'est rendu compte que son président de l'Assemblée nationale contrôlait les casernes militaires.

Pour faire face à cette situation, Alassane Ouattara a décidé de resserrer les rangs de ses fidèles en leur donnant les moyens de le protéger au maximum. Le premier ministre, Gon Coulibaly, va, désormais, avoir la caisse publique en plus de la primature, le ministère du Budget échouant dans ses mains tandis que la prise en charge de la très turbulente armée (qui empêche Ouattara de dormir) va être sous le contrôle du plus beau parleur du gouvernement (Hamed Bakayoko), le ministère de l'Intérieur revenant à un autre ressortissant du Nord, l'ancien préfet, Sidiki Diakité. Autrement dit, les faits parlent d'eux-mêmes : le pouvoir s'est recentré autour du RDR. Henri Konan Bédié peut-il, encore, en douter, lui qui est accusé d'avoir "vendu" le PDCI-RDA à son "petit frère" ?

Dans la nuit de vendredi à samedi, les militaires ont procédé à des tirs dans les environs de la caserne du 4e bataillon d'infanterie de Korhogo tandis que d'autres ont perpétré des actes de violence envers des forces de l'ordre en service au poste de contrôle de Ndotré à Abobo, au Nord d'Abidjan, avant d'effectuer des tirs en l'air. En guise de représailles à ces deux sorties intempestives de ses soldats, le chef d'état major des armées, le général, Touré Sékou (lui aussi membre du RDR), a limogé trois caporaux, dont les revendications n'ont finalement plus été rendues publiques, le dialogue n'ayant pas eu lieu.

Le vol des armes à l'Ecole de police montre que ce mouvement n'est pas fini, tant qu'Alassane Ouattara n'apportera pas de bonnes réponses aux revendications d'ordre financier de ses anciens rebelles qui l'ont, fortement, aidé à parvenir de la manière qu'on sait au pouvoir.

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