COTE D'IVOIRE : La justice du Burkina lance un mandat d'arrêt contre Soro Guillaume

Des enregistrements téléphoniques attribués à Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères burkinabè (sous le régime du président déchu Blaise Compaoré), et à M. Soro, alimentent les réseaux sociaux depuis novembre.

Guillaume Soré et Djibrill Bassolé, actuellement, emprisonné, au Burkina Faso, et qui fut un homme clé du régime Compaoré, tombé fin octobre 2014, ont, tous deux, nié depuis, avoir eu cette conversation, dénonçant une "manipulation".

Dans cet enregistrement de seize de minutes à écouter sur www.afriqueducation.tv, les deux interlocuteurs envisagent la possibilité de soutenir le putsch (alors en cours) mené par le général, Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et chef de Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité putschiste, lui aussi, en prison, au Burkina Faso, en ce moment.

Les deux interlocuteurs évoquent, aussi, la possibilité de "frapper" dans le Nord du Burkina pour faire "paniquer" l'armée régulière, qui se préparait à donner l'assaut contre la base du RSP.

En décembre, le commissaire du gouvernement (procureur militaire) du Burkina, le lieutenant-colonel, Norbert Koudougou, avait indiqué que les enregistrements avaient été versés au dossier, soulignant qu'"un expert" serait chargé d'authentifier ou de discréditer ces écoutes.

Début décembre, lors d’une interview à la radio privée, Savane FM de Ouagadougou, le premier ministre en exercice, Isaac Zida, avait affirmé que les écoutes téléphoniques étaient "authentiques".

Le 16 septembre, des soldats du RSP avaient pris en otage le président, Michel Kafando, et le gouvernement, avant de proclamer le coup d’état le lendemain. La mobilisation des citoyens et de l'armée loyaliste avait conduit à l'échec du putsch, une semaine plus tard. Après l'échec d'une médiation suspecte de la CEDEAO que ne manqua pas de dénoncer la société civile.

M. Bassolé a été interpellé, à son domicile, le 29 septembre. Il a été, notamment, inculpé de "haute trahison", "attentat à la sûreté de l’Etat" et "collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure".

M. Soro, qui a, également, fait l'objet, en décembre, d'un mandat d'amener français dans le cadre de la plainte d'un fils de l'ancien président Gbagbo, s'était défendu, mi-décembre, devant l'Assemblée nationale affirmant que ces écoutes étaient des "chimères" et qu'il était "victime d'une des pires campagnes de dénigrement et de calomnie". Du Soro tout craché !

"La spirale, l'emballement et l'affolement médiatique sans précédent contre ma personne méritent des clarifications après le passage de cette tempête inouïe", avait-t-il dit aux députés.

Aucune réaction de M. Soro ni de ses proches n'était disponible dans l'immédiat.

Question : La justice du Burkina Faso est-elle enfin indépendante ?

Avec AFP

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