COTE D'IVOIRE : La mutinerie continue

Contrairement à ce que le pouvoir s'est empressé d'annoncer, la situation n'est pas revenue au calme, malgré la demande insistante du chef d'état major des armées ivoiriennes, le général, Touré Sékou. En effet, les soldats mutins de Bouaké (Centre), épicentre des mutineries de janvier et d'hier, ont tiré en l'air toute la nuit et bloqué l'accès des quatre entrées de la ville du pays.

Vendredi soir, le général, Touré Sekou, pressé par le président, Alassane Ouattara, avait essayé de jouer les Rambo aux muscles défraîchies en menaçant les mutins de "sanctions disciplinaires sévères", et alors qu'un représentant de mutins avait annoncé, jeudi, au nom de tous les soldats renoncer à "toute revendication d'ordre financier". Une machination pure et simple orchestrée directement par la présidence de la République.

"Nous voulons notre argent", a, par contre, lancé, ce samedi, l'un des mutins, qui portait une cagoule sur la tête. Rien n'a donc changé dans les revendications des 8.500 soldats dont beaucoup, à l'époque, miliciens dont le rôle était de faire un coup d'état contre Laurent Gbagbo, étaient payés par Guillaume Soro, actuel président de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, ces 8.500 soldats demandent, justement, loyalement, un retour d'ascenseur, les 5 premières années du pouvoir ayant, essentiellement, servi à enrichir, grossièrement, le président de la République, sa famille, ses parents et ses amis politiques les plus proches. Dont Guillaume Soro. Pas les Ivoiriens.

Ce matin, ces mutins ont chassé les policiers qui contrôlent, habituellement, les "corridors", et ont pris position sur les routes, bloquant les accès à Bouaké et empêchant toute circulation. Les corridors Nord et Sud sont situés sur le principal axe routier du pays qui part de la capitale économique Abidjan, et poursuit vers le Nord jusqu’au Burkina Faso voisin.

Les mutins tiraient samedi, sporadiquement, en l'air au niveau de ces corridors, mais aussi, à l'intérieur de la deuxième ville du pays (Bouaké). Les banques et les magasins n'ont pas ouvert ce samedi matin.

A Abidjan, par contre, ce samedi, la situation est (plus ou moins) calme. Mais un calme qui annonce la tempête car personne n'est content dans les casernes. On rappelle que chaque mutin a droit à un reliquat de 7 millions de F CFA (10.500 euros), 5 millions de F CFA ayant déjà été attribués. Cette prime de 12 milions de F CFA est allouée à chacun des 8.500 ex-miliciens parce qu'ils ont, efficacement, accompagné Alassane Ouattara dans sa rébellion en vue de déstabiliser les institutions ivoiriennes, avant que Nicolas Sarkozy (notre photo) l'ait, officiellement, aidé à accéder au pouvoir de la façon qu'on sait, en 2011, au mépris des textes de loi de la CEDEAO et de l'Union africaine. Voilà la stricte vérité de cette mutinerie qui est loin d'être terminée.

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