COTE D'IVOIRE : Les anciens rebelles de Ouattara sortent à Man et à Bouaké pour réclamer 18 millions de F CFA

La nomination d'Hamed Bakayoko, le plus beau parleur du gouvernement, comme ministre de la Défense, n'a, visiblement, servi à rien. Pour le moment. Les anciens rebelles n'en démordent pas. Ils demandent, toujours, à recevoir ce qui leur avait été promis, dans le maquis, quand Alassane Ouattara cherchait à conquérir le pouvoir par les armes. Ce dernier a payé certains anciens rebelles, mais pas tous. C'est la raison pour laquelle, à Man et à Bouaké, des démobilisés sont sortis, ce lundi, 2 octobre, pour rappeler au chef de l'Etat qu'il n'a pas, encore, tenu sa promesse. Dans trois ans, il compte quitter le pouvoir. Ils veulent qu'il solde ses dettes avant de partir.

"Au moins 200" ex-rebelles démobilisés se sont rendus à la préfecture de Man pour réclamer "une prime de guerre de 18 millions de F CFA" (27.000 euros) par personne, selon leur porte-parole, Julien Kessé.

"Personne ne nous considère, nous sommes négligés. Ceux qui ont combattu comme nous et qui ont été recrutés dans l'armée ont eu 12 millions récemment et nous rien, nous ne sommes pas d'accord. Nous attendons toujours nos 18 millions de F CFA", a expliqué M. Kessé.

"Même si le gouvernement n'a pas les 18 millions que nous réclamons, il peut nous faire des propositions. Nous souffrons trop", a déclaré un autre ex-rebelle, Chérif Lacina, qui a pris part à ce mouvement.
A Bouaké, la deuxième ville de Côte d'Ivoire, une vingtaine de démobilisés ont voulu occuper la préfecture.

"Nous avons décidé de prendre la préfecture parce que nous sommes fatigués. On n'a plus d'argent pour payer nos loyers et on venait se loger avec le préfet jusqu'à ce que l'Etat ait une oreille attentive à nos revendications", a déclaré Aboudou Diakité, un responsable des démobilisés.

Le préfet étant absent, les démobilisés ont reporté leur projet, a précisé M. Diakité.

Fin mai, quelque 6.000 "démobilisés" avaient réclamé 18.000 F CFA (27.000 euros) par tête. Leur mouvement, violemment, réprimé par les forces de l'ordre, s'était soldé par la mort de quatre d'entre eux.

Ces démobilisés réclamaient le même traitement que d'autres anciens rebelles devenus soldats dans l'armée, qui s'étaient mutinés en janvier et en mai et avaient obtenu de l'argent de l'Etat, jusqu'à 12 millions de F CFA, chacun. Ils se demandent à quand leur tour ?

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