COTE D'IVOIRE : Radiation de l'armée ivoirienne des 5 militaires ayant participé à l'attaque de l'Ecole de police.

Général sans étoile de l'armée ivoirienne, le nouveau ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, aime qu'on parle de lui. Le coup des cinq gendarmes à l'Ecole de police lui en a donné l'occasion pour monopoliser les médias d'Etat où on ne voit que lui, presque, alors que le gouvernement compte une bonne trentaine de ministres au bas mot. Bakayoko, nommé le 19 juillet, n'a même pas attendu d'être installé pour multiplier les temps de parole sur l'armée et les visites dans les casernes. C'est comme s'il oeuvrait (en sous-main) pour la chute d'Alain-Charles Donwahi quand il trônait au ministère de l'Intérieur et de la Sécurité, qui, à ses yeux, est moins prestigieux que celui de la Défense où son rival, Guillaume Soro, l'actuel président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de la Défense, continuerait de contrôler beaucoup de monde. Pour marquer les esprits (des militaires), il n'a pas hésité, mercredi, 26 juillet, à radier des effectifs de l'armée, les cinq gendarmes accusés d'avoir orchestré l'attaque de l'Ecole de police. Sans que l'affaire n'ait été portée devant la justice. Sans leur avoir laissé le temps de s'expliquer. Question : en voulant mettre, ainsi, de « l'ordre » dans le secteur de la défense, ne va-t-il pas y foutre le bordel ? Il se comporte comme un éléphant qu'on introduit dans un magasin de porcelaine.

"A la suite de l’attaque perpétrée contre les installations du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) situées à l’Ecole nationale de police, les investigations menées par les Forces de sécurité et de défense ont permis pour l’heure d’identifier formellement des individus ayant pris part à cette action. Au nombre de ceux-ci, figurent cinq membres des Forces armées de Côte d'Ivoire", a déclaré le général,Touré Sékou, dans un communiqué.

"En conséquence (...) ils sont définitivement radiés des effectifs des Forces armées de Côte d’Ivoire", poursuit le texte. Il s'agit du "maréchal des logis, Bohoussou Wassa Toussaint, du maréchal des logis, Pekoula Mathias, du maréchal des logis, Séri Brice Arnaud Joël, du maréchal des logis, Mel Akrekou Nasseré Sylvestre, et du brigadier-chef, Séry Doua Alain". Tous ces militaires "seront mis à la disposition de la justice pour répondre de leurs actes", a précisé le général Touré Sékou, ajoutant "sa détermination à extirper des rangs tous ceux qui déshonorent l'institution militaire".

Cette décision est, d'ores et déjà, diversement, appréciée. L'appartenance géographique des cinq gendarmes sanctionnés intrigue : ils sont tous originaires du Sud. Alors que ceux qui ont sanctionné, à savoir, le ministre de la Défense (sur notre photo avec son homologue de l'Intérieur et la Sécurité) et le chef d'état-major des armées, sont du Nord. Comme par hasard, l'ancien ministre de la Défense, qui a été renvoyé de son poste parce qu'il était jugé inefficace, est, aussi, du Sud. Cela commence à faire beaucoup quand on examine la répartition des postes dans ce pays où on croyait que le « rattrapage ethnique » avait pris fin.

Le problème de l'armée ivoirienne est, pourtant, connu : issue, en partie de la rébellion qui a permis au président, Alassane Ouattara, d'accéder au pouvoir, elle n'est ni formée ni républicaine. En plus, le président a fait des promesses à une partie d'elle, dans la rébellion, qu'il a du mal à tenir. Il y a d'autres problèmes. A trois ans de son départ du pouvoir, ceux qui attendent la réalisation de ces promesses, commencent à avoir peur de ne rien recevoir. C'est bien de faire porter le chapeau à Donwahi, mais, le problème de l'armée ivoirienne est ailleurs. Seul Alassane Ouattara est capable de le résoudre. En usant entre autres de son chéquier de chef d'Etat.

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