COTE D'IVOIRE : Une rue d'Abidjan porte le nom du célèbre écrivain « Bernard Dadié »

Mention Bien aux autorités ivoiriennes, et singulièrement, au ministre ivoirien de la Culture d'y avoir pensé, et, surtout, de l'avoir fait. Car quand on parcourt Abidjan, on est stupéfait de lire les noms de rues et d'avenues aux noms qui n'ont rien d'ivoirien : avenue Valéry Giscard d'Estaing, Pont Charles de Gaulle, Boulevard de Marseille, avenue de la 4e République, avenue François Mitterrand, etc. Il y en a que pour l'ancien pays colonisateur. Et les Ivoiriens alors ? Pourquoi pas d'avenue Robert Guei, ni de rue Philippe Yacé etc ? L'attribution d'une rue au très célèbre écrivain centenaire, Bernard Dadié, est, donc, la bienvenue, en espérant que ce sera un début de la réappropriation de la Côte d'Ivoire de son patrimoine, de ses emblèmes et de sa culture.

En baptisant ce vendredi, 23 décembre, cette rue d'Abidjan, le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandama (honneur à lui), a salué en Bernard Dadié, un "héros centenaire" lors de la cérémonie d'inauguration en présence d'hommes de lettres et d'universitaires.

La rue, longue de 1,3 kilomètre, est parallèle à la rue des jardins et passe devant le Bureau ivoirien des droits d'auteurs, dans le quartier chic de Cocody.

Bernard Dadié est l'auteur d'une œuvre prolifique, dans laquelle il a abordé tous les genres littéraires : poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et, surtout, théâtre. Il est un classique de la littérature africaine enseigné partout en Afrique francophone, et ce depuis des décennies, au même titre que Camara Laye, Léopold Sédar Senghor, Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Chinua Achebe, Wole Soyinka, Olympe Bhêly-Quénum, et tant d'autres.

Militant pour l'indépendance, il sera le ministre de la Culture de 1997 à 1986 du premier président ivoirien, Félix Houphouët Boigny.
"Poser un tel acte, c'est le faire entrer au panthéon pour qu'il continue d'inspirer ses contemporains pendant longtemps encore et serve de boussole aux générations à naître" a déclaré le ministre Bandama, qui a parlé juste.

Cette rue "encouragera les plus jeunes et les futures générations à découvrir l'importance et le plaisir de la lecture et aussi à mieux rencontrer l'homme".
Bernard Dadié avait reçu le 11 février le premier prix Jaime Torres Bodet décerné par l'Unesco, qui récompensait l'ensemble de l'oeuvre de ce "pionnier et géant de la littérature africaine", selon Irina Bokova, la directrice de l'Unesco.

L'écrivain centenaire a reçu, deux fois, le grand prix littéraire d'Afrique noire avec "Patron de New York" (1965) et "La ville où nul ne meurt" (1968).
La Côte d'Ivoire nous fait plaisir en prenant de telles décisions. Vivement que les autres pays africains copient ce bel exemple.

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