COUP D'ETAT AU FASO : Le général putschiste Gilbert Diendéré demande « pardon ».

Coup de tonnerre dans la salle d'audience du tribunal militaire de Ouagadougou. Accusé d'être le commanditaire du coup d'état de septembre 2015, ce qu'il a, toujours, démenti, totalement, le général, Gilbert Diendéré, a demandé « pardon », ce mercredi, 5 décembre, matin, aux victimes. Est-il traversé par l'esprit saint pour qu'il redescende, ainsi, sur terre, après avoir donné l'impression qu'il était insensible à la douleur des victimes ? Cette question, pour l'heure, demeure sans réponse.

"Le moment tant attendu pour moi est arrivé, ce moment où je m'adresse aux véritables victimes des événements, blessés et parents de victimes mortes", a-t-il déclaré à la barre le général, qui a nié, la semaine dernière, comme auparavant, avoir commandité et dirigé le coup d'état manqué.

"Depuis fort longtemps, j'entends vos cris, vos pleurs et je partage vos douleurs". "Votre fils, votre frère reconnaît son entière responsabilité. Je suis convaincu, au regard de la douleur, que vous accepterez (ma demande de) pardon. Cet acte de contrition vient du plus profond de mon coeur", a poursuivi le général Diendéré, le visage tendu, apparemment, ému, suscitant des murmures dans la salle.

Une faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on. En sera-t-il de même pour Gilbert Diendéré, ce faiseur de basses besognes de l'ancien président, Blaise Compaoré, emporté par un soulèvement populaire à la fin octobre 2014 ?

Ancien chef du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'unité d'élite de l'armée qui a perpétré le coup d'état, le général Diendéré est accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat, trahison et meurtres, lors du putsch manqué qui a fait 14 morts et 270 blessés en septembre 2015.

Toujours vêtu de son treillis militaire, "Golf" semblait accuser la fatigue au septième jour de sa comparution, où il répondait aux questions des parties civiles.

"Nous (vous) avons compris mais il n'est pas de notre devoir ni de vous pardonner ni (de décider) une quelconque réconciliation. Nous espérons qu'au soir de ce procès, nous aurons un seul sentiment, que toutes les parties aient respecté leur engagement qui est de dire la vérité", a réagi Me Ambroise Farama, avocat des parties civiles.

Rappelons que 84 accusés sont jugés par un tribunal militaire à Ouagadougou depuis le début du procès en février, dont le général de gendarmerie, Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères, également, présent au mea culpa de Gilbert Diendéré de ce matin.

La tentative de putsch s'était déroulée près d'un an après la chute du président Blaise Compaoré, renversé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire, après 27 ans au pouvoir, et remplacé par un régime de transition.

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