CRASH DE L'AVION RUSSE : L'Etat islamique persiste et signe

Le groupe Etat islamique a réaffirmé, mercredi, 4 novembre, être responsable du crash de l'avion russe, dans le désert égyptien du Sinaï, mais, aucun nouvel élément n'est venu étayer l'hypothèse d'un attentat. Le groupe djihadiste a, par ailleurs, revendiqué une nouvelle attaque meurtrière contre la police égyptienne dans le Sinaï.

Au Caire, des experts poursuivaient l'examen des deux boîtes noires, dont l'une conserve les sons et conversations dans le cockpit, et l'autre, les paramètres de vol. Ils espèrent qu'elles permettront de trancher entre les deux hypothèses envisagées pour expliquer cette catastrophe, qui a fait 224 morts : l'attentat ou l'accident technique.

Dans un court message audio posté sur son compte Twitter habituel, la branche égyptienne de l'EI, "Province du Sinaï", a réaffirmé sa responsabilité, cinq jours après avoir annoncé qu'il avait "fait tomber" l'avion. Mais le groupe djihadiste ajoute que ce n'est pas à lui d'en faire la preuve et qu'il en livrera la démonstration quand il le voudra : "Nous n'avons aucune obligation d'expliquer comment il s'est écrasé", affirme un homme qui ne livre pas son identité. "Nous vous livrerons les détails de la manière dont il est tombé au moment que nous aurons choisi", conclut-il.

Dans un autre message sur Twitter, le groupe djihadiste a revendiqué un attentat perpétré, mercredi, 4 novembre, matin, par un kamikaze, qui a fait exploser sa voiture piégée devant un club de la police, à Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, tuant, au moins, quatre policiers selon les médias d'Etat. "Province du Sinaï", qui commet, quasi-quotidiennement, des attaques meurtrières visant policiers et soldats, a indiqué que cet attentat avait été mené en représailles à "l'arrestation de femmes bédouines par les forces apostates" dans la région.

C'est dans ce contexte que le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a quitté, mercredi, Le Caire, pour une visite de trois jours, à Londres, selon l'agence Mena.

Au cours d'une conversation téléphonique, il a convenu avec le premier ministre britannique, David Cameron, de la nécessité d'"assurer la sécurité la plus stricte possible" à l'aéroport de Charm el-Cheikh, d'où avait décollé l'avion russe, a indiqué Londres. Cet aéroport accueille, chaque jour, des milliers de touristes venus passer des vacances sur les rives de la mer Rouge.

Le président Sissi avait prévenu, mardi, dans une interview à la BBC, qu'il faudrait "du temps" pour déterminer la cause du crash, même s'il qualifiait, mercredi, dans le quotidien britannique, Daily Telegraph, de "spéculations sans fondement" l'idée d'un attentat de l'EI. L'analyse des boîtes noires, qui a débuté, mardi, dans les locaux du ministère égyptien de l'Aviation civile, est une opération complexe en fonction, notamment, de l'état des enregistreurs, a-t-on indiqué dans les milieux de l'enquête.

L'Airbus A321 s'était écrasé, samedi, 31 octobre, matin, dans le Sinaï, 23 minutes après avoir décollé. Ses occupants, 217 passagers et sept membres de l'équipage, ont, tous, péri dans le crash, la pire catastrophe aérienne qui ait jamais frappé la Russie.

Les recherches se poursuivaient, mercredi, pour retrouver les derniers corps de victimes et d'éventuels indices dans une large zone désertique. 33 corps ont, jusqu'à présent, été identifiés, a indiqué Igor Albin, le vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg, la ville russe d'où étaient originaires la plupart des victimes.

La chaîne de télévision, CNN, citant un responsable américain anonyme, a affirmé qu'un satellite militaire américain avait détecté un "flash de chaleur" provenant de l'Airbus au moment du drame. Cela "suggère qu'un événement catastrophique - y compris peut-être une bombe - s'est produit en vol", selon cette source.

Pour la compagnie, Metrojet, seul un facteur "extérieur" peut expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d'"une défaillance technique" ou d'"une erreur de pilotage" et a déclaré que l'avion était en "excellent état".

Selon des experts interrogés, l'appareil a dû subir un choc, extrêmement, soudain au point que le pilote en a, instantanément, perdu le contrôle. Il est exclu que l'avion ait pu être atteint à près de 10.000 mètres d'altitude par un missile du type de ceux dont dispose l'EI dans le Sinaï. Restent, donc, deux hypothèses : un problème technique qui provoque une explosion et une dislocation immédiate de l'appareil ne laissant pas le temps au pilote de communiquer -cas rarissime selon les experts-, ou une bombe, apportée dans l'appareil par un occupant ou placée à bord par un membre du personnel au sol.

Pour les experts, même, un engin explosif de petite taille est suffisant pour ouvrir une brèche dans la carlingue et disloquer, ainsi, l'appareil en raison de la pressurisation à haute altitude.

Avec AFP

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