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DEGEL SEOUL/PYONGYANG : Donald Trump préoccupé que les deux Corée le contournent

Visiblement mécontent du timide réchauffement des relations entre les deux Corée, et sans l'aval du protecteur américain qui a, royalement, été contourné, en apprenant ce dégel par la presse, comme tout le monde, le président, Donald Trump, est en train de sortir l'artillerie lourde pour isoler, encore plus, la Corée du Nord alors que la logique voudrait qu'il encourage, plutôt, le dialogue direct entre les deux Corée. Il a,ainsi, annoncé, vendredi, 23 février, de nouvelles sanctions visant à marginaliser encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l'arrivée de sa fille, Ivanka, en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.

Ces mesures, "les plus lourdes", jamais, imposées contre Pyongyang, selon ses termes, visent plus de 50 sociétés de transport maritime et navires, qui aident Pyongyang "à échapper aux sanctions".

Leur objectif est de "continuer à couper les sources de revenus et de pétrole que le régime utilise pour financer son programme nucléaire et son armée", selon des extraits du discours diffusés, en avance, par la Maison Blanche, mais, qui n'ont, finalement, pas été prononcés par le président.

"J'espère que quelque chose de positif en sortira, nous verrons", a, simplement, lâché ce dernier à l'issue d'un très long discours lors de la conférence CPAC, grand rendez-vous annuel des conservateurs américains.

Selon le Trésor américain, ces sanctions visent un individu, 27 entités et 28 navires localisés ou enregistrés en Corée du Nord, en Chine, à Singapour, à Taïwan, à Hong Kong, aux Iles Marshall, en Tanzanie, au Panama et aux Comores.

Cette annonce intervient à deux jours de la fin des Jeux Olympiques de Pyeongchang qui ont contribué à une spectaculaire détente sur la péninsule. Un rapprochement qui a, visiblement, pris Washington de court et que Donald Trump entend saboter, par de nouvelles sanctions économiques.

Le régime de Kim Jong-un est, déjà, visé par de nombreuses sanctions imposées par Washington et les Nations-Unies afin de le contraindre à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.

En 2017, le Conseil de sécurité a imposé, à l'unanimité, trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord, toutes plus fortes les unes que les autres : le 5 août (fer, charbon, pêche...), le 11 septembre (textile, limitation de livraisons de pétrole) et le 22 décembre (produits pétroliers raffinés notamment).

Il y a quelques mois, Donald Trump a accusé la Chine de livrer du pétrole à la Corée du Nord malgré les sanctions, une affirmation, catégoriquement, rejetée par Pékin. Du n'importe quoi, aurait même ajouté le président chinois, Xi Jinping.

"Le Trésor s'attaque avec force aux voies illégales utilisées par la Corée du Nord pour échapper aux sanctions", a souligné le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, citant, en particulier, les livraisons de charbon et de pétrole.

Selon lui, les sanctions visent à rappeler "aux entreprises à travers le monde que si elles décident d'aider au financement des ambitions nucléaires de la Corée du Nord, elles ne pourront pas faire des affaires avec les Etats-Unis".

Arrivée vendredi, 23 février, soir, à Séoul, Ivanka Trump (notre photo montrant son arrivée à l'aéroport de Séoul-Incheon, le 23 février 2018), très proche de son père dont elle est, aussi, conseillère, a participé à un dîner à la Maison Bleue avec le président sud-coréen Moon Jae-in.

A cette occasion, elle a insisté sur "l'amitié" entre Washington et Séoul, mais aussi, réaffirmé la détermination des Etats-Unis à mettre la "pression maximum" sur Pyongyang pour s'assurer que la péninsule coréenne soit dénucléarisée.

Pyongyang enverra, dimanche, 25 février, à la cérémonie de clôture des JO, une délégation officielle de huit membres emmenée par le général, Kim Yong Chol. Mais, la Maison Blanche a affirmé qu'aucune rencontre entre émissaires américains et nord-coréens n'était prévue. Précisons que les Nord-Coréens ne sont demandeurs d'aucun dialogue avec Trump.

Pour la cérémonie d'ouverture, le leader nord-coréen avait dépêché sa sœur, Kim Yo Jong, qui se trouvait à quelques rangs, seulement, du vice-président américain, Mike Pence. Washington a eu honte que ce rapprochement ait eu lieu alors que personne à la Maison Blanche n'était au courant. Assis au premier rang non loin de la soeur du "leader bien aimé", lors de l'ouverture des JO, Mike Pence aurait pu disparaître de son siège s'il en avait eu la possibilité.

Elle ne lui avait pas parlé, mais, avait profité de son voyage historique au Sud -le premier d'un membre de la dynastie qui dirige le Nord depuis des décennies- pour inviter le président sud-coréen, Moon Jae-in, à un Sommet à Pyongyang. Comme quoi, les choses essaient de se mettre en place entre les deux Corée, et selon le souhait de Pékin et de la Communauté internationale, mais, il faudra faire attention au sabotage de Trump.

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