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Djibouti : L’Armée nationale, une institution qui punit le mérite. A qui la faute ?

Les forces armées ont, depuis longtemps, cessé d’être cette institution indispensable à la vie d’un Etat moderne. Pour devenir un instrument au service d’un régime, qui en fait ce qu’il veut dans son agitation désespérée destinée à assurer sa survie. Rien ne fonctionne, normalement, dans ce qui reste de l’Armée nationale.

Le mérite et la valeur professionnelle sont relégués aux oubliettes. Pire, ces atouts, qui sont récompensés dans toute organisation, qui se respecte, constituent, ici, un handicap. Ils attirent la méfiance de la hiérarchie et finissent par coûter cher à ceux, qui en sont soupçonnés. La compétence devient malchance, le positif se transforme en négatif,….et le premier se relègue en dernier.

Il s’est opéré un tel renversement des valeurs dans l’armée djiboutienne que les meilleurs n’y ont plus leur place. Et les meilleurs sont, généralement, les plus jeunes dont le niveau culturel, d’étude et la formation professionnelle sont tout à fait satisfaisants, si satisfaisants qu’ils n’ont rien à envier aux cadres des armées les plus avancées du monde, qu’ils ont, d’ailleurs, souvent, côtoyés dans les académies :l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en France, l'Académie royale militaire de Meknès au Maroc, l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP), des centres américains d’instruction militaire ou technique, etc., et d'autres nombreuses prestigieuses écoles reçoivent nos jeunes officiers, sur concours ou non !

Malheureusement, l’enthousiasme initial retombe, dès le retour au pays, pour céder la place à une profonde déception. Le jeune officier atterrit dans une institution aux antipodes de ce qu’il a imaginé, où la vie est réglée par des considérations, bassement, claniques (ethnies), et où la capacité à plaire au chef à se mouler dans le ‘’système’’ (tendre l’oreille et balancer les collègues) comme on dit, avec ce que cela suppose de dégradation et d’avilissement, prime la compétence et le sérieux.Très vite, le jeune cadre, qui continuera à porter ses galons d’aspirant ou de sous-lieutenant, se rendra compte que sa formation pointue n’ a pas sa place ici.

Il s’est trompé de porte, et l’éventail du choix, qui lui reste n’est pas vaste : se soumettre ou se démettre. Ce qui revient, dans un cas comme dans l’autre, à accepter d’avoir échoué. Le rêve est brisé d’une belle carrière au service de la patrie dans une institution respectable et respectée.

Cependant, en dépit de ces conditions, particulièrement, décourageantes, malgré l’emprise du système, tous ne partent pas ni ne se renient, il y en a même beaucoup qui décident de lutter à l’intérieur dans l’espoir de changer les choses par l’exemple. Exemple de rigueur, de compétence, mais aussi, exemple d’amour pour la patrie et l’humanité. Ceux-là soutiennent un pari difficile aux risques énormes. Car ils rappellent comme ça devait être et cela gêne beaucoup, ne serait-ce que par leur seule présence. Ils se retrouvent, vite, dans le collimateur des responsables, et font connaissance avec la seule compétence des hommes du ‘’système’’ : Sanctions arbitraires, pas d’avancement, brimades, suspension de salaire, arrêt à domicile, déconsidération, etc….Tous les moyens sont bons pour abattre ces ‘’têtes brûlées’’ qui ont dit non au ‘‘système’’. Et ainsi punir le mérite.

Toutes les jeunes officiers attendent, impatiemment, la chute de ce régime et l’instauration d’un état de droit et respecté.
L’Armée aussi est à libérer !

Saad Ali Awaleh
Ancien officier de l'armée djiboutienne.

Commentaires

congolais en colère (non vérifié)
djibouti et congo brazza même combat! des armées très tribales, ethnisées.

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