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EGYPTE : Mort de Boutros Boutros-Ghali, un diplomate qui aura marqué l'Afrique

L'ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, ancien secrétaire général des Nations-Unies, et tout premier secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Boutros Boutros-Ghali, vient de mourir, à l'âge de 93 ans, annonce le Conseil de sécurité de l'ONU. C'est un diplomate accompli qui est resté chef de la diplomatie de son pays de 1997 à 1991, avant de devenir secrétaire général des Nations-Unies (ONU), de 1992 à 1996. Mais contrairement aux usages, il n'eut pas droit à un deuxième mandat aux Nations-Unies à cause de sa trop grande indépendance à l'égard des puissances anglo-saxonnes.

Marié à une Américaine, il avait entretenu des relations conflictuelles avec l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations-Unies, notamment, sur la question de la Palestine et du soutien inconditionnel de Washington à Israël. C'est sous son mandat que le Rwanda connut, également, un génocide entraînant la mort de 800.000 personnes. Il dut donc plier bagage au bout de 4 ans, laissant la maison au Ghanéen, Kofi Annan, qui, lui, avait, finalement, fait 8 ans.

Récupéré à l'OIF, grâce à l'activisme de son ami, Jacques Chirac, Boutros Boutros-Ghali (ici sur notre photo avec son mentor Jacques Chirac) fut imposé au Groupe Afrique de l'OIF qui n'en voulait pas comme successeur du Canadien Jean-Louis Roy. Conséquence, à l'OIF, il fut, aussi, mal aimé et n'eut pas droit à un deuxième mandat, contrairement, au Sénégalais Abdou Diouf qui en eut trois. Au moment où les pays francophones s'apprêtaient à se rendre, à Beyrouth, en 2001, pour tenir le Sommet, alors que le Groupe Afrique avait réussi à obtenir la tête de Boutros, les attentats du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis, le sauvèrent de son limogeage que tout le monde attendait. Sans se concerter avec aucun chef d'Etat africain, mais, seulement, avec Jacques Chirac et peut-être, le premier ministre canadien de l'époque, Boutros Boutros-Ghali rédigea un communiqué, à la hâte, pour annoncer le report d'un an du Sommet de la Francophonie, prenant tous les Africains de court. Voilà pourquoi il quitta son poste en 2002 au lieu de 2001.

Soutenu par Jacques Chirac, Abdou Diouf, lors de ce Sommet de Beyrouth, fut le candidat de la division car le Groupe Afrique managé par le président gabonais, Omar Bongo Ondimba, soutenait le Congolais, Henri Lopès. Mais Paris n'en voulait pas et réussit, une fois de plus, à imposer l'ancien président du Sénégal.

Après avoir réussi à endormir la francophonie où il n'a laissé aucun bilan notable, Diouf resta 12 ans (au lieu de 8) à l'OIF, procédant à un véritable enterrement première classe de cette organisation qui cherche à reprendre ses marques depuis l'arrivée de la Canadienne, Michaelle Jean.

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