ELECTIONS EN RDCONGO : Se dirige-t-on vers le ré-comptage des voix ?

Trop trop trop de contestations sont en train de contraindre la CENI à ré-compter les voix. Elle y va en traînant les pieds. Mais, le poids déterminant de l'épiscopat rdcongolais fait pencher la balance en faveur de cette solution qui devrait arranger tout le monde, sauf, peut-être, le pouvoir en place, ainsi que, Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de cette présidentielle contestée. Même le Conseil de sécurité à la demande de la France, s'est emparé de ce dossier, ce qui est fort rare si on consulte les annales de cette institution des Nations-Unies. La CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) qui avait déployé des observateurs sur l'ensemble du territoire, a fait ses calculs : c'est Martin Fayulu qui a gagné. Ce dernier brandit un score de 61% des voix à qui veut l'entendre. Même contestation des résultats de la CENI par les églises protestantes de la RDC. Tshisekedi, le régime de Kabila et la CENI sont le dos au mur.

Le président zambien, Edgar Lungu, président en exercice de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), a indiqué que l'organisation avait pris note des "sérieux doutes" portant sur les résultats provisoires et estime "qu'un ré-comptage permettrait de rassurer, à la fois, les vainqueurs et les perdants".

Contre toute attente, la CENI a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi la victoire de Félix Tshisekedi, 55 ans, fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi.

Selon les résultats provisoires, M. Tshisekedi a devancé avec 38,57% des voix un autre opposant, Martin Fayulu (34,8%). Il doit donc succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en 2001.

Mais, M. Fayulu a, immédiatement, dénoncé un "putsch électoral" du président sortant avec la "complicité" de M. Tshisekedi, et revendiqué la victoire avec 61% des voix (notre photo). Il a déposé, vendredi, 11 janvier, un recours devant la Cour constitutionnelle, qui a huit jours pour l'examiner.

En demandant un ré-comptage, la SADC, qui a, aussi, appelé les dirigeants congolais à "considérer un accord politique négocié en vue d'un gouvernement inclusif", va plus loin que le reste de la communauté internationale.

La SADC comprend, notamment, l'Afrique du Sud et l'Angola, qui ont des intérêts économiques en RDC, autre membre de l'organisation. Elle avait envoyé une mission d'observation, le 30 décembre, en RDC, et avait estimé que le "processus électoral s'est relativement bien déroulé".

L'Union européenne (UE) a demandé "la publication des procès-verbaux de chaque centre local de compilation des résultats". Les États-Unis ont réclamé une "clarification" et exhorté toutes les parties au calme, comme l'Union africaine (UA) ou l'ONU.

La prudence internationale à l'égard des résultats fournis par la CENI tient aux objections de la toute puissante église catholique rdcongolaise, qui a demandé à l'ONU la publication des procès-verbaux" du scrutin "pour enlever les doutes".

Selon la CENCO, les résultats de la CENI "ne correspondent pas" aux données recueillies par les 40.000 observateurs qu'elle affirme avoir déployés le jour du vote.

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